Les ministres de l’Environnement, réunis en Conseil à Luxembourg lundi 14 octobre, ont approuvé les conclusions en vue de la COP29, qui se tiendra à Bakou (Azerbaïdjan) du 11 au 22 novembre.
Ce texte, qui définit la position de négociation de l'UE, devrait constituer « un consensus à la fois réaliste et ambitieux », selon la secrétaire d'État hongroise aux Affaires environnementales, Anikó Raisz.
Cependant, plusieurs « questions sensibles », notamment le rôle du nucléaire dans la transition énergétique, ont fait débat (EUROPE 13503/12).
Plusieurs États, dont la France, ont plaidé pour que le nucléaire soit reconnu comme une énergie bas-carbone essentielle dans la lutte contre le changement climatique, alors que d’autres, à l’instar de l'Allemagne et de l'Autriche, se sont fermement opposés à cette inclusion, préférant insister sur les énergies renouvelables. Ces divergences ont conduit à l'adoption d'un texte qui évite toute mention du nucléaire et appelle à tripler les capacités mondiales d'énergie renouvelable et à la réduction des subventions aux combustibles fossiles, sauf dans les cas où elles visent à lutter contre la précarité énergétique.
Lors de la conférence de presse qui a suivi les échanges, le commissaire européen à l'Action pour le climat, Wopke Hoekstra, a souligné que, malgré les divergences, l'UE est capable de négocier d'une seule voix. « C’est une question qui relève des États membres », a-t-il déclaré, rappelant que la Commission respecte les positions variées tout en soutenant l'inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne des investissements verts.
Autre point de friction au cours des discussions : l'objectif climatique de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90% d'ici 2040, formulé par la Commission européenne en février dernier. Si des pays comme la Suède, l'Allemagne et l'Autriche poussaient pour un engagement explicite dans ce sens, d'autres, notamment la Hongrie, ont jugé prématuré de fixer un tel objectif avant une présentation plus officielle de la proposition. Finalement, le texte adopté ne fait pas référence à cette recommandation.
Le Conseil souligne qu'il importe de convenir d'un nouvel objectif collectif quantifié en matière de financement de l'action climatique qui soit réalisable et adapté à sa finalité. Il a également réaffirmé sa volonté de fixer un nouvel objectif mondial de financement de l'action climatique, reposant sur des contributions publiques et privées.
« Les finances publiques seules ne suffiront pas à réaliser la transition écologique », est-il précisé, appelant à mobiliser les investissements privés.
Enfin, les États membres souhaitent que tous les pays, notamment les grandes économies, augmentent leurs contributions climatiques nationales lors du prochain cycle, prévu en 2025, afin de limiter la hausse des températures à 1,5°C.
Le Conseil appelle également à intensifier l'action climatique dès cette décennie, surtout en ce qui concerne l'atténuation et l'adaptation au changement climatique et réitère également son appel à abandonner progressivement les combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques d'une manière juste, ordonnée et équitable.
Lire les conclusions (en anglais) : https://aeur.eu/f/dwm (Nithya Paquiry)