Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, vendredi 27 septembre, le lancement d’une Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États au Proche-Orient.
« Avec (le ministre saoudien des Affaires étrangères) Faisal bin Farhan, le secrétaire général de la Ligue arabe, le groupe de contact de l’Organisation de la coopération islamique et la Norvège, nous avons réuni un grand nombre de membres des Nations Unies pour lancer l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États », a-t-il annoncé sur X.
La première des réunions de suivi « pratiques et opérationnelles » se tiendra à Riyad, « où nous devrions identifier les éléments essentiels de ce que nous pouvons tous faire pour cette mise en œuvre et faire face et nous opposer à ceux qui n'en veulent pas », selon M. Borrell. La suivante aura lieu à Bruxelles en novembre, selon le Haut Représentant. D’autres suivront au Caire, à Oslo, à Amman et à Ankara.
« Nous nous concentrerons sur les points d'action identifiés aujourd'hui lors de la réunion ministérielle, visant à faire progresser les efforts de paix de l'ONU et d'autres organisations dans le contexte de la promotion de la solution à deux États », a expliqué le ministre saoudien aux médias. Selon lui, l’accent sera mis sur la création de l'État palestinien.
« Du point de vue de l’Union européenne, cette Alliance mondiale doit être un parapluie sous lequel tous les (partenaires) peuvent placer ce qu’ils veulent faire pour contribuer, aider, encourager, pousser, envisager, élaborer et agir en faveur de la mise en œuvre de la solution à deux États », a expliqué M. Borrell dans un discours prononcé lors de la réunion.
Reconnaissant que tout le monde est d’accord sur le fait qu’il n’y a pas d’alternative à cette solution, il y a des désaccords sur la manière et le moment de mettre en œuvre cette seule solution.
« Il appartient aux Israéliens et aux Palestiniens de négocier leur propre paix, mais ils ne le feront pas seuls. Ils ont besoin de nous tous pour les aider à y parvenir. En préparant le terrain pour le pont qu'ils doivent construire, en proposant à la fois des carottes et des bâtons, et en unissant nos forces au sein d'une Alliance mondiale concrète et tournée vers l'avenir », a-t-il expliqué.
Dans son discours à la tribune onusienne, le président du Conseil européen, Charles Michel, a promis que l’UE agissait et voulait agir davantage pour une paix durable dans le cadre d’une solution à deux États.
« Nous soutenons l’existence d’un État d’Israël démocratique, fort, vivant en paix et en sécurité aux côtés du peuple palestinien, qui doit disposer de son propre État viable et stable. Le peuple palestinien mérite respect et dignité », a-t-il ajouté, rappelant au gouvernement d’Israël que « viser la sécurité en négligeant la paix (était) un leurre ».
Et d’insister : « Un monde alimenté par la vengeance et les châtiments collectifs est un monde moins sûr. Le peuple palestinien a droit à son État. Lui dénier ce droit nourrira indéfiniment les menaces sur la sécurité des Israéliens ».
Soutien à l’UNRWA. Lors d’une réunion ministérielle des principaux partenaires en soutien à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), le Haut Représentant de l’UE a annoncé un « prochain versement de 16 millions d'euros - la 3e tranche de l'aide financière de l'UE pour 2024 ».
De son côté, Charles Michel a rappelé que l’année dernière, l’UE avait fourni plus de 40% du budget de l’UNRWA.
« C'est une organisation humanitaire et de développement. Et nous condamnons toute tentative de qualifier une agence des Nations Unies d’organisation terroriste », a-t-il ajouté, alors qu’Israël souhaite démanteler l’organisation. « Vous pouvez compter sur l'Union européenne pour être un partenaire solide et fiable de l'UNRWA », a promis M. Michel, rendant en outre hommage aux 222 travailleurs de l’UNRWA tués à Gaza depuis le début de la guerre. (Camille-Cerise Gessant)