En dépit du retrait du groupe PPE des négociations sur la proposition de règlement de l'UE sur la restauration de la nature, les groupes politiques S&D, Renew Europe, Verts/ALE et La Gauche ne désarment pas et ne décolèrent pas non plus.
Tandis que ce retrait avait été annoncé par le PPE mercredi 31 mai dans l'après-midi (EUROPE 13191/22), ces autres groupes politiques, qui poursuivaient leurs négociations, ont fait part, dans la soirée, de leur consternation tout en annonçant, sur le compte Twitter de Jutta Paulus (Verts/ALE), s'être entendus sur un texte commun en guise de « paquet de compromis » qui sera soumis au vote en commission de l'environnement du Parlement le 15 juin.
Les amendements de compromis n'étaient pas disponibles jeudi.
Si les chances s'amenuisent de réunir une large majorité sur le rapport de César Luena (S&D espagnol) (EUROPE 13098/3), sans les groupes PPE, CRE et ID, Mme Paulus a estimé que rien n'était perdu. « Bien sûr, le PPE est le plus grand groupe (177 membres : NDLR), mais ils n'ont pas la majorité absolue. Il sera difficile de trouver une majorité, mais c'est possible. Nous pouvons compter sur une majorité », a-t-elle déclaré jeudi à la presse en visioconférence.
Et d'ajouter : « La sauvegarde de la nature ne doit pas être un jeu politique. Il s'agit d'une question primordiale ».
À ses côtés, Terry Reintke a estimé que le blocage du PPE aura « des implications très dommageables pour le Green Deal », mais aussi pour « la possibilité de construire des décisions européennes à l'avenir ».
Pour le groupe S&D, qui s'exprimait mercredi soir dans un communiqué, le PPE « a une nouvelle fois fait preuve d'une grande irresponsabilité en fermant les yeux sur les crises du climat et de la biodiversité auxquelles les Européens doivent faire face ». César Luena s'est dit « consterné », tout en assurant : « Nous n'abandonnerons pas. Au contraire, nous redoublerons d'efforts pour obtenir une majorité solide avant le vote en commission ».
Le groupe PPE, qui, à l'instar de Christine Schneider, dénonce « une attaque contre l'agriculture, la sylviculture et la pêche européennes », juge la proposition inacceptable en l'état.
Selon cette eurodéputée, « la Commission européenne ne peut pas s'attendre à ce que le PPE accepte simplement la proposition sans une étude d'impact complète sur la sécurité alimentaire, la réduction des terres agricoles et le déploiement des énergies renouvelables. Ce n'est pas négociable. Si la Commission est sérieuse au sujet de la restauration de la nature, elle devrait présenter une nouvelle proposition dès que possible ».
Jeudi, la Commission européenne a transmis à la presse une déclaration de soutien de scientifiques à sa proposition de règlement - déclaration reçue mercredi, selon un porte-parole, et qui appelle à la restauration de 20% des terres et des mers dans l'UE ainsi qu'à la restauration de tous les écosystèmes nécessitant d'être restaurés d'ici 2050.
Voir le texte (en anglais) : https://aeur.eu/f/76u (Aminata Niang)