Les neuf pays participants au Sommet de la mer du nord se sont accordés sur un objectif de production de 300 gigawatts d'énergie éolienne offshore d'ici 2050, lundi 24 avril à Ostende, en Belgique. Ils rehaussent ainsi, en cumulant leurs objectifs nationaux, l'objectif fixé l'année passée lors de la première édition du Sommet à Esbjerg au Danemark de 120 gigawatts.
« Aujourd’hui, nous avons une capacité de 7 gigawatts par an. Si nous voulons augmenter notre ambition, nous devons construire une capacité de 20 gigawatts annuellement », a expliqué le Premier ministre belge, Alexander de Croo, devant la presse. « C’est la raison pour laquelle il est important de passer de l’annonce à l’accélération des projets ».
Le pays hôte sera le premier à construire une île énergétique (‘energy island’), dans le cadre de Next Generation EU, et a ainsi pour ambition de devenir un carrefour énergétique en mer du Nord en connectant ses propres parcs éoliens et interconnexions avant d'envoyer de l'électricité sur le continent.
Développement massif de l'éolien en mer
L'objectif affiché des neuf pays participants est de faire de la mer du Nord le plus grand parc éolien offshore avec une capacité de production inégalée de 300 gigawatts, soit dix fois plus que la capacité actuelle.
Les leaders européens l'ont répété à plusieurs reprises : le potentiel de la mer du Nord est important et l’Europe a le littoral, le vent et l’expertise pour construire ce parc tout en assurant la sécurité du système.
Ce projet s’inscrit dans l’objectif de la directive ‘énergies renouvelables’ (EUROPE 13153/1). Les colégislateurs européens sont parvenus à un accord le 30 mars dernier pour doubler à 42,5% la part d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique globale de l’UE d’ici 2030, comme l’a rappelé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d'une conférence de presse.
Elle a également insisté sur l’importance de procédures accélérées pour le développement des énergies renouvelables, désormais inscrites dans la directive. « Cette directive est un grand avantage pour avoir des procédures d’autorisation simples et rapides qui seront nécessaires pour construire les parcs ».
Un besoin de coordination entre pays de la mer du Nord
« Il faut qu’on mette le turbo », a expliqué le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, à une poignée de journalistes. « On doit discuter ensemble de l'endroit où on installe des câbles et tous les interconnecteurs doivent être en place pour pouvoir transporter cette énergie ».
Cet objectif devrait être atteint grâce à l’accélération des autorisations, de nouvelles interconnexions de réseau et des processus de standardisation en ce qui concerne la construction des infrastructures, mais également les mesures de sécurité.
Souveraineté et compétitivité de l’industrie européenne
Le Président français, Emmanuel Macron, a mis l’accent sur la souveraineté et l’autonomie européenne en termes de matériaux critiques et d’assemblage ainsi que de production d’hydrogène vert : « Il faut avoir une approche cohérente, avec une industrie pour produire l’énergie verte chez nous ».
Dans le cadre de ce sommet, plus de 120 industriels européens du secteur des énergies renouvelables tout au long de la chaîne de valeur étaient présents et ont signé une déclaration qui insiste sur l'importance « de signaux clairs d’investissement et de réseaux prêts à l'emploi (‘plug-in ready grids’) (...), essentiels pour débloquer l'énorme volume d'investissements nécessaires ».
Être 'leader' dans la production d'hydrogène vert
Les dirigeants européens ont également évoqué le potentiel de l’éolien offshore en mer du Nord pour développer la filière de production de l’hydrogène vert : « Nous pouvons changer la donne en Europe, nous avons le potentiel pour produire massivement ». Enfin, Mme von der Leyen a incité les pays à travailler sur des projets transfrontaliers et assuré, en parallèle, que la Commission travaille sur le développement de la banque hydrogène (EUROPE 13143/4) afin de créer « un marché de l’hydrogène à part entière ». (Pauline Denys)