Markian Dmytrasevych, vice-ministre ukrainien de la Politique agraire et de l’Alimentation, a reconnu que « les exportations des produits agricoles ukrainiens [avaient] eu des répercussions sur nos voisins à l’Ouest », lundi 24 avril devant la commission de l’agriculture du Parlement européen.
Il a souligné devant les eurodéputés que 20% des terres arables en Ukraine étaient « occupées ou minées » en raison de la guerre déclenchée par la Russie. Malgré cela, « nous avons récolté suffisamment pour garantir la sécurité alimentaire en Ukraine et au niveau international », a-t-il ajouté.
D'après M. Dmytrasevych, son pays a « pu exporter, avec l’aide de l’UE, presque 59 millions de tonnes de produits agricoles ». La prochaine campagne de commercialisation représentera de nouveaux défis.
L’Ukraine a pu exporter plus de 32 millions de tonnes de céréales depuis avril 2022. Le ministre a admis que le blé ukrainien était acheté notamment en Pologne.
La situation aurait aussi des répercussions positives sur le marché. « Le prix des céréales est plus compétitif, des possibilités d’emplois ont été créées. Le secteur agricole de la Pologne bat des records en 2022 », a fait valoir le vice-ministre ukrainien.
La chute des prix au cours des derniers mois n’est pas due seulement à la forte présence de céréales dans les pays voisins de l’UE. La forte production de maïs du Brésil aurait aussi des effets sur le marché mondial, selon Markian Dmytrasevych.
Norbert Lins (PPE, allemand) a lancé : « Il faut que ce blé, ces céréales parviennent aux pays tiers. Cela permettrait d’éviter beaucoup d’agacements ».
L’afflux de produits agricoles ukrainiens a conduit la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la Bulgarie à bannir temporairement les importations de céréales en provenance d'Ukraine pour protéger leurs exploitants (EUROPE 13165/1).
Herbert Dorfmann (PPE, italien) a rappelé que les 'couloirs de solidarité' avaient été créés pour soutenir les exportations ukrainiennes dans les pays tiers. (Lionel Changeur)