Les ministres de l’Environnement des États membres de l’Union européenne ont adopté à l’unanimité des conclusions du Conseil de l’UE concernant la préparation de l’UE à la 27e conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP27), lundi 24 octobre à Luxembourg.
Les ministres ont éprouvé des difficultés à s’accorder sur deux points du texte en particulier : le paragraphe 11 relatif à la mise à jour des ‘contributions déterminées au niveau national’ (CDN) de l’UE et de ses États membres – plans nationaux non contraignants présentant les actions individuelles prévues par chaque partie à l’Accord de Paris en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) – et le paragraphe 13 portant sur la fin progressive du charbon.
S’agissant du premier, le texte final indique que le Conseil est prêt à mettre à jour les CDN de manière à refléter la manière dont le résultat final des éléments essentiels du paquet ‘Fit for 55’ (le paquet législatif de l’UE sur le climat actuellement en cours d’adoption) met en œuvre l’objectif de neutralité climatique de l’Union à l’horizon 2050. Cette mise à jour aurait donc lieu « dès que possible après la conclusion des négociations (sur le paquet ‘Fit for 55’) », précise le paragraphe.
Les conclusions encouragent également toutes les parties à la COP27 à « étayer leurs CDN par des cadres et des actions politiques nationaux robustes et solides » ainsi qu’à accroître leurs ambitions à court et à long terme, en particulier les grandes économies, afin que l’objectif de limiter l’élévation moyenne de la température de la planète à 1,5°C reste atteignable.
En ce qui concerne le paragraphe 13, le texte adopté par les ministres « réaffirme l’engagement continu de l’UE et de ses États membres à l’égard du Pacte de Glasgow pour le climat, qui invite les parties à accélérer leur transition énergétique », notamment « en réduisant progressivement la production d’électricité à partir de centrales à charbon non couplées avec des technologies de captage et de stockage du carbone (et) en supprimant progressivement les subventions inefficaces en faveur des combustibles fossiles ».
Le Conseil appelle en outre tous les pays à mettre fin à tout nouveau soutien public direct au secteur international de l’énergie fossile, sauf dans des circonstances limitées et clairement définies par chaque pays, d’ici à la fin de 2022, conformément à l’engagement pris par les pays du G7.
Soutenir les pays en développement
Alors que la Commission européenne évalue à 23,04 milliards d’euros le montant total de financement public pour le climat mobilisé collectivement par l’UE et ses États membres en 2021, les conclusions réaffirment leur engagement à continuer d’accroître leur financement international en vue d’atteindre l’objectif des pays développés, qui consiste à mobiliser conjointement au moins 100 milliards de dollars par an, dès que possible et jusqu’en 2025, afin d’aider les pays en développement face au changement climatique.
Étant donné le retard accumulé depuis 2020 (EUROPE 12793/3), le Conseil « s’attend à ce que cet objectif soit atteint en 2023 » et invite les autres donateurs à « intensifier leurs efforts ».
Le Conseil avait déjà adopté des conclusions spécifiques à la question du financement climatique le 4 octobre (EUROPE 13035/22).
Reconnaissant la nécessité de renforcer le soutien en faveur des pays, des populations et des groupes vulnérables, les conclusions soulignent que le Conseil est prêt à « s’engager de manière constructive avec les pays partenaires pour mieux comprendre leurs besoins (…) et apporter des solutions concrètes », y compris par l’ajout d’un nouveau point à l’ordre du jour qui permettrait de tirer pleinement parti du dialogue de Glasgow. Lancée lors de la COP26, cette initiative vise à débattre des modalités de financement des activités visant à prévenir, minimiser et traiter les pertes et les dommages dus au changement climatique.
La COP27 se tiendra à Charm el-Cheikh, en Égypte, du 6 au 18 novembre.
Voir les conclusions : https://aeur.eu/f/3ru (Damien Genicot)