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Bulletin Quotidien Europe N° 13029
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'instrument 'anti-fragmentation' ne vise aucun pays de l'UE en particulier, assure Christine Lagarde

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a assuré, lundi 26 septembre, que l'instrument 'anti-fragmentation' (TPI) mis au point en juillet pour éviter toute nouvelle crise de la dette souveraine au sein de la zone euro (EUROPE 12998/13) n'avait pas été créé en pensant à un pays en particulier.

« Je n'ai pas un pays spécifique à l'esprit », a déclaré Mme Lagarde, en réponse à une question de Caroline Nagtegaal (Renew Europe, néerlandaise), qui l'interrogeait lors d'un dialogue monétaire au Parlement européen sur le recours éventuel à ce nouvel outil de politique monétaire dans le contexte des élections législatives italiennes, au cours desquelles l'extrême droite anti-européenne s'est imposée avec la victoire, dimanche 25, du parti Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni.

Notant la variété d'instruments de politique monétaire à la disposition de la BCE en plus du TPI, Mme Lagarde a rappelé les conditions permettant d'activer le TPI si un État menant des politiques macroéconomiques saines est attaqué sur les marchés via le renchérissement du service de sa dette publique.

La BCE : - procèdera à une analyse détaillée du risque de fragmentation dans la zone euro ; - évaluera le respect de quatre critères d'éligibilité cumulatifs : le pays concerné se conforme au cadre européen de gouvernance économique, ne présente pas de déséquilibres macroéconomiques sévères, sa dette publique est soutenable et ses politiques budgétaires sont en phase avec les engagements pris dans le cadre du plan de relance national soutenu par Next Generation EU; - veillera au caractère proportionné des mesures qu'elle adoptera.

Jonás Fernández (S&D, espagnol) a estimé que l'outil TPI, tel qu'il a été conçu, pourrait s'avérer contreproductif en attisant l'inflation via le rachat massif de la dette publique d'un pays où l'inflation est déjà supérieure à la moyenne de l'Eurozone. Nous prendrons aussi en considération la situation macroéconomique au sein de la zone monétaire et « la durée et les volumes » des achats de titres souverains via le TPI répondront à l'enjeu que vous avez soulevé, a estimé Mme Lagarde.

 La présidente de la BCE a motivé les décisions de l'institut monétaire de relever par deux fois - 0,5% en juillet et 0,75% en septembre (EUROPE 13017/13) - ses principaux taux directeurs. Elle a redit que la BCE prévoyait de relever à nouveau « plusieurs fois » ces taux lors des prochaines réunions du Conseil des gouverneurs.

Et de dépeindre un environnement macroéconomique « s'assombrissant » à court terme, en raison de la flambée des prix énergétiques, du ralentissement observé dans le secteur des services et au niveau de la demande internationale ainsi que de la perte de confiance des opérateurs économiques. (Mathieu Bion)

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