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Bulletin Quotidien Europe N° 13029
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ACTION EXTÉRIEURE / Éthiopie

Conflit au Tigré, les eurodéputés appellent à la cessation immédiate des hostilités et à des négociations de paix sous l’égide de l’Union africaine

Les députés des commissions des Affaires étrangères (AFET) et Développement (DEVE) du Parlement européen ont exprimé conjointement, lundi 26 septembre, leurs préoccupations croissantes concernant la reprise du conflit armé au Tigré, au nord de l’Éthiopie, depuis la fin août, la détérioration de la situation humanitaire dans le pays et les risques accrus de déstabilisation de toute la Corne de l’Afrique, du fait notamment de l’implication active des troupes érythréennes sur le sol éthiopien.

Leur appel à un cessez-le-feu permanent, à l’accès humanitaire partout dans le pays et à la fin de l’impunité pour les atrocités commises tant par les autorités éthiopiennes que par les rebelles du Tigré ainsi qu’à un retrait des forces érythréennes a été unanime. Tous ont estimé, à l’instar de la Commission européenne et du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), que la reprise de négociations de paix sous l’égide de l’Union africaine constituait « LA priorité, dans un conflit d’une extrême complexité ».

Une délégation de chacune de ces commissions parlementaires s’était rendue à Addis-Abeba la semaine dernière (EUROPE 13023/25).

Le vice-président de la commission des Affaires étrangères, Sergei Stanishev (S&D, bulgarie), a indiqué que, lors de leurs rencontres avec les représentants du gouvernement, le président de l'Éthiopie, le président de la Chambre et le président de la commission des affaires étrangères et de la société civile, la délégation, conduite par David Mc Allister (PPE, allemand), avait appelé à un cessez-le-feu permanent et à des pourparlers de paix sous les auspices de l'Union africaine.

Les membres de la délégation ont également souligné que « l'UE est prête à rétablir progressivement l'appui budgétaire et l'assistance de l'UE, si certaines conditions sont remplies, notamment la cessation des hostilités, l'accès humanitaire total et sans entrave à travers l'Éthiopie, y compris dans la région du Tigré », a-t-il précisé.

Ils ont en outre exprimé leur ferme soutien à la justice transitionnelle afin que les auteurs de violations des droits de l'homme soient tenus pour responsables et a demandé le retrait immédiat des forces érythréennes du territoire éthiopien ainsi que la facilitation de la réconciliation interne.

Le représentant du SEAE a dit partager leurs préoccupations.

Pierrette Herzberger-Fofana (Verts/ALE, allemande), qui faisait partie de la délégation DEVE/FEMM à Addis-Abeba, a attiré l’attention sur la situation des femmes éthiopiennes, population vulnérable par excellence, car victimes de violences sexuelles, dans le cadre du conflit, ou « qui font l’objet de trafic d’êtres humains en Arabie Saoudite et sont rejetées à leur retour dans le pays après avoir subi des viols ». L'eurodéputée a déclaré : « Nous avons rencontré ces femmes de 17 à 27 ans, qui sont prêtes à en aider d’autres ».

Mick Wallace (La Gauche, irlandais) a noté que « l’UE, comme les États-Unis, la Chine ou la Russie » ont tous à cœur de maintenir de bonnes relations avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, alors que « son gouvernement a commis des mensonges répétés qui nuisent à sa crédibilité ». Évoquant un contrat que vient d’annuler l’Éthiopie pour l’exploration du gaz à la frontière somalienne, il a demandé : « Sommes-nous là pour l’argent, nous aussi ? »

Éric Andrieu (S&D français), pour sa part, évoquant la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique, a appelé à la fin de « la règle inique de l’OMS » qui interdit les stockages alimentaires. (Aminata Niang)

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