Les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont confirmé, mercredi 16 mars, qu’ils allaient continuer à fournir un soutien « significatif » - y compris militaire, humanitaire et financier - à l'Ukraine, a annoncé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à l’issue d’une réunion extraordinaire. Il a expliqué que l’Alliance soutenait le droit de l’Ukraine à l’autodéfense.
« Nous soutenons la capacité des Ukrainiens à se défendre et nous continuerons à les soutenir à l'avenir », a ajouté le Secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, alors que la ministre néerlandaise, Kajsa Ollongren, a confirmé que son pays continuerait à livrer des armes à l’Ukraine.
Apportant son soutien aux négociations en cours entre la Russie et l’Ukraine, M. Stoltenberg a estimé que les résultats que l’Ukraine pourrait obtenir à la table des pourparlers étaient étroitement liés à la situation sur le champ de bataille et, donc, que le soutien militaire de l’OTAN avait son importance.
À l’inverse, les Alliés n’ont pas infléchi leur position par rapport à une zone d’exclusion aérienne – malgré une nouvelle demande, le jour même, du Président ukrainien, Volodymyr Zelensky - ni soutenu l’idée polonaise du déploiement d’une mission de maintien de la paix en Ukraine pour fournir une aide humanitaire. « L’OTAN ne devrait pas déployer des forces sur le sol ou dans l’espace aérien de l’Ukraine », a précisé M. Stoltenberg.
Interrogé sur une mission de maintien de la paix, le ministre estonien de la Défense, Kalle Laanet, a rappelé qu’un tel déploiement nécessiterait le soutien du Conseil de sécurité des Nations unies, où la Russie a un droit de veto.
Renforcer la défense et la dissuasion de l'Alliance
M. Stoltenberg a rappelé que l’OTAN avait déjà renforcé sa défense sur son flanc est et a annoncé que les ministres avaient chargé les commandants militaires de développer des options dans tous les domaines : terre, air, mer, cyberespace et espace (EUROPE 12911/6).
« Sur terre, notre nouveau dispositif devrait inclure des forces nettement plus nombreuses dans la partie orientale de l'Alliance, à un niveau de préparation plus élevé, avec davantage d'équipements et de fournitures prépositionnés », a expliqué le Secrétaire général.
Il a plaidé pour une plus grande puissance aérienne alliée et une défense aérienne et antimissile intégrée renforcée et, en mer, pour des groupes d'attaque de porte-avions, des sous-marins et un nombre important de navires de combat sur une base permanente. Enfin, les Alliés examineront l'avenir de leurs cyberdéfenses et la meilleure façon de tirer parti des ressources spatiales des Alliés.
Tout cela nécessitera des investissements supplémentaires, a rappelé M. Stoltenberg.
Il a précisé que la décision sur le renforcement/la réinitialisation de la défense et la dissuasion de l’Alliance devrait être prise en juin, lors du sommet de Madrid.
Avant ce sommet, les dirigeants des pays membres de l’OTAN se réuniront jeudi 24 mars à Bruxelles pour discuter de la situation en Ukraine, de la réponse immédiate de l’OTAN et des changements à apporter pour la sécurité des Alliés à long terme. (Camille-Cerise Gessant)