Fin 2020, la Banque européenne d'investissement (BEI) avait investi 6 milliards d'euros via le fonds paneuropéen de garantie mis en place pour soutenir les entreprises touchées par la pandémie de Covid-19 et, au premier semestre 2021, ce filet de sécurité ('backstop') devrait intervenir à hauteur de 50 milliards d'euros.
« Bien sûr, cela a pris un peu de temps pour le rendre opérationnel », mais cet instrument inscrit hors bilan est « complexe », a admis le président de la BEI, Werner Hoyer, mercredi 20 janvier, lors de la présentation des résultats annuels de la banque.
Responsable des opérations de prêt au sein de la BEI, Jean-Christophe Laloux a évoqué trois volets d'action à destination des petites et moyennes entreprises européennes ('SMEs, mid-caps') dans le cadre du fonds paneuropéen : - la fourniture directe de fonds propres aux entreprises et la prise de participation dans des fonds d'investissement qui fourniront eux-mêmes du capital aux entreprises ; - l'octroi de garanties aux portefeuilles d'investissement de banques afin que celles-ci prêtent davantage aux opérateurs économiques ; - l'octroi de financements-relais aux régimes nationaux destinés à soutenir les PME.
La création du fonds paneuropéen, en tant que l'un des trois filets de sécurité européens avec l'instrument SURE d'aide aux régimes nationaux de chômage partiel et la ligne de crédit du Mécanisme européen de stabilité, a été décidée au printemps 2020 (EUROPE 12494/20). Sa mise en place opérationnelle a nécessité l'octroi de garanties publiques par les États membres.
M. Hoyer a prédit une reprise post-Covid-19 « longue et difficile », notamment parce que la pandémie a encore aggravé le déficit en matière d'investissements dans l'UE. L'année dernière, la BEI est intervenue à hauteur de 25 milliards dans des projets de lutte contre le coronavirus (diagnostiques, vaccins, traitements - prêt de 100 millions d'euros à BioNTech) et de soutien à l'économie et a approuvé des projets pour une somme équivalente.
Climat. Rappelant la volonté de la BEI d'être « la banque du climat », M. Hoyer a décrit l'action et l'évolution de la politique de la BEI dans la lutte contre les dérèglements climatiques.
« Pour le dire de façon légère, le gaz, c'est terminé ! », a-t-il assuré. C'est, selon lui, la seule façon de respecter l'objectif climatique de neutralité climatique de l'UE à l'horizon 2050.
Adoptée fin 2019, la politique de prêts énergétiques de la Banque supprime, à partir de fin 2021, les financements en faveur de nouveaux projets liés aux énergies fossiles, mais maintient des exceptions pour le gaz naturel à très haut rendement énergétique (EUROPE 12406/7, 12370/11).
Au total, la BEI ambitionne d'intervenir à hauteur de 1 000 milliards d'euros sur la prochaine décennie dans des projets en faveur du climat (EUROPE 12600/37). Nous allons progressivement sortir de projets d'« extension d'aéroports » et avons fixé des critères stricts pour le financement d'autoroutes, a-t-il ajouté, faisant aussi valoir que certains États membres et certaines régions avaient besoin de temps pour effectuer leur transition énergétique.
Interrogé sur le retard pris dans la mise en place de la taxonomie en matière de finance durable (EUROPE 12606/15), M. Hoyer a évoqué « un enjeu considérable du point de vue politique et pratique ». Directeur aux projets de la BEI, Chris Hurst a indiqué que la Banque applique dans l'intervalle des critères environnementaux valables aussi pour le secteur des transports.
Plus d'informations : http://bit.ly/3p18lnt (Mathieu Bion)