Quelques heures avant l’investiture de Joe Biden en tant que 46e président des États-Unis, les présidents du Conseil européen, Charles Michel, et de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les députés européens ont rappelé, mercredi 20 janvier, leurs attentes envers cette nouvelle administration américaine.
M. Michel a tendu la main aux Américains en proposant de créer « un nouveau pacte fondateur. Pour une Europe plus forte, pour des États-Unis plus forts et pour un monde meilleur » (EUROPE 12621/6). « Les États-Unis sont de retour, l’Europe est prête à renouer avec son partenaire de confiance et de longue date, à donner un nouveau souffle à notre chère alliance », a ajouté Mme von der Leyen (EUROPE 12614/4).
Tout au long du débat, les eurodéputés ont mis en avant plusieurs domaines de coopération transatlantique prioritaires : renforcement du multilatéralisme et des organisations internationales (Nations Unies, OMS ou OMC), lutte contre le changement climatique (M. Biden devait signer, dès le premier jour de sa présidence un décret pour réengager les États-Unis dans l’accord de Paris), retour dans l’accord sur le nucléaire iranien, etc.
« L’investiture de Joe Biden donne une nouvelle occasion aux États-Unis et au partenariat transatlantique que ni nous ni les États-Unis ne devons rater », a expliqué le Roumain Dacian Cioloș, au nom du groupe Renew Europe. Il a donc demandé que les tensions commerciales, tout comme les sanctions économiques, soient laissées de coté, et à travailler sur la proposition de M. Biden d’établir une alliance des pays démocratiques.
Mais le retour d’un partenaire à la Maison-Blanche ne signifie pas abandonner les ambitions d'autonomie. Ainsi, Iratxe García Pérez (S&D, espagnole) a prévenu qu’il ne fallait pas tomber dans le « faux débat qui nous oblige à choisir entre l’agenda européen et l’agenda transatlantique ». Selon elle, « une UE avec une autonomie stratégique serait la meilleure alliée des États-Unis ».
Plusieurs députés ont aussi rappelé que plus de 70 millions d’Américains avaient voté pour le candidat républicain. « C’est un vrai défi », a estimé, au nom du PPE, l’Allemand Manfred Weber, ajoutant qu’il serait erroné de qualifier ces Américains de populistes. « Demander la protection des frontières, la régulation de la mondialisation chinoise et la protection des emplois, ce n’est pas être radical », a-t-il souligné.
Les eurodéputés sont également revenus sur l'attaque du Capitole le 6 janvier dernier (EUROPE 12631/7), qui, selon Ska Keller (Verts/ALE, allemande) est le résultat de « quatre années de mensonges quotidiens et de mépris des faits » par M. Trump. Pour M. Weber, il serait « arrogant d’essayer de donner des leçons aux Américains » alors que les Européens sont confrontés à des défis similaires tels que le populisme ou la désinformation. Plusieurs élus ont plaidé pour la réglementation des géants de l'Internet et pour une lutte plus efficace contre la désinformation. (Camille-Cerise Gessant)