D’après une source de la Commission européenne consultée par EUROPE jeudi 9 juillet, la nouvelle ‘Alliance européenne pour l’hydrogène propre’ n’aura pas de conseil de direction (‘governance board’) fixe, mais fonctionnera selon un « modèle flexible ».
Afin de garantir l’inclusion de toutes les parties prenantes actives en matière d’hydrogène, les progrès de l’Alliance seront dirigés par un groupe restreint d’États membres, de représentants de l’industrie et d’autres parties prenantes (société civile, investisseurs, régions, syndicats…) lors de réunions de haut niveau représentant ces acteurs de manière équilibrée, nous explique ainsi cette source.
Ces réunions, organisées au niveau des commissaires ou des vice-présidents de la Commission, ne présenteront donc pas une composition fixe.
Lancée officiellement mercredi 8 juillet, l’Alliance européenne pour l’hydrogène propre est une initiative européenne visant à canaliser les investissements nécessaires à la production d’hydrogène et à développer une réserve de projets concrets dans ce domaine, afin de déployer « l’hydrogène propre » en Europe.
« Nous voulons que l’Europe soit le leader industriel de l’hydrogène propre, pour le bien de notre économie et pour les générations futures », avait ainsi déclaré le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, lors du lancement de l’Alliance.
Et d’ajouter : « Pour réussir, l’Alliance doit avant tout être inclusive. Et assurer la coopération à tous les niveaux : je parle des États membres et des entreprises, mais aussi des autorités locales, des ONG, des syndicats et de la société civile ».
Quelques heures plus tôt, lors de la présentation à la presse de la stratégie de l’UE sur l’hydrogène (EUROPE 12523/1), le vice-président exécutif de la Commission chargé du Pacte vert européen, Frans Timmermans, avait souligné l’importance d’y retrouver aussi bien l’industrie que les ONG, afin de « créer un équilibre ».
Il faut dire que, quelques jours avant le lancement de cette initiative, un document dévoilé par la presse et détaillé dans nos lignes (EUROPE 12521/5) avait suscité de vives critiques de la part de certaines ONG, en raison de la gouvernance qui y était présentée.
Ce texte proposait en effet que l’Alliance soit pilotée par un comité de direction composé principalement de directeurs d’organisations industrielles liées à l’hydrogène et de trois représentants de la société civile seulement.
Rôle de la Commission.
En tant qu’« outil stratégique » censé orienter et coordonner le développement de la production et de l’utilisation d’hydrogène propre dans l’Union, l’Alliance européenne pour l’hydrogène propre entend couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène, de la production à l’utilisation finale.
Pour ce faire, elle opérera en particulier à travers six « tables rondes » portant chacune sur une activité liée à l’hydrogène : la production ; la transmission et la distribution ; la mobilité ; l’application résidentielle ; l’application industrielle ; et le secteur énergétique.
La Commission européenne sera impliquée dans ces tables rondes et suivra les progrès de l’Alliance à travers, notamment, la tenue de réunions de haut niveau.
De plus, elle organisera un ‘Forum européen de l’hydrogène’, au moins une fois par an, réunissant tous les membres de l’Alliance et toutes les parties prenantes dans le domaine de l’hydrogène, afin de discuter des résultats et des travaux en cours.
Le premier de ces forums est prévu pour les 26 et 27 novembre. Les tables rondes débuteront quant à elles en septembre et octobre.
Enfin, il est à noter que tout acteur public ou privé ayant des activités dans le domaine de l’hydrogène renouvelable ou à faible teneur en carbone peut demander de rejoindre l’Alliance. La Commission devrait publier et mettre régulièrement à jour une liste des organisations qui ont adhéré à cette initiative.
Voir le site de l’alliance : https://bit.ly/2ChsIJy (Damien Genicot)