La future stratégie de la Commission européenne relative aux produits chimiques pour la durabilité constituera la toute première étape vers une pollution zéro pour un environnement exempt de substances toxiques, a affirmé, jeudi 9 juillet, le commissaire européen à l’Environnement, aux Océans et à la Pêche, Virginijus Sinkevičius, à l’occasion d’un débat avec le Parlement européen.
Il a notamment indiqué que la stratégie visera en particulier à stimuler la recherche et l’innovation pour développer des produits chimiques plus sûrs, pouvant servir d’alternatives à certains produits, à rendre les normes de l’UE plus simples et plus efficaces, ainsi qu'à lutter contre les effets des produits chimiques combinés et les perturbateurs endocriniens
Désireux de voir la Commission présenter une stratégie ambitieuse dans ce domaine au troisième trimestre de cette année (EUROPE 12484/13), les eurodéputés ont déposé une proposition de résolution (EUROPE 12517/13) qui sera soumise aux votes vendredi.
« Nous voulons que la santé passe avant les intérêts économiques de certaines industries », a ainsi lancé Marie Arena (S&D, belge) au commissaire.
Selon elle, le Parlement adresse un « message clair et ambitieux » à la Commission à travers cette résolution : d’abord pour une mise en œuvre complète de la législation existante, mais également pour une évolution de celle-ci.
Elle a en outre estimé que des critères précis définissant clairement le concept de la chimie durable devraient être établis, afin d’éviter tout ‘greenwashing’ de la part des industries.
Abondant dans son sens, Sven Giegold (Verts/ALE, allemand) a estimé que cette résolution traduit la demande du Parlement d'un changement de paradigme dans la politique de l’UE dans le secteur de la chimie.
Outre la protection de la santé humaine et de l’environnement, il s’agit également de saisir une opportunité économique en créant une « chimie propre » qui stabilisera des millions d’emplois, a-t-il ajouté.
Soulignant que 71% des produits chimiques fabriqués dans l’Union européenne sont classés comme dangereux, Frédérique Ries (Renew Europe, belge) a insisté quant à elle sur la nécessité d’agir contre les ‘PFAS’, regroupant près de 5 000 produits chimiques, présents notamment dans les mousses, dans certaines poêles ou encore dans l’emballage alimentaire.
La Danoise Pernille Weiss (PPE), pour sa part, a insisté sur la nécessité d’une action accélérée sur les produits chimiques prioritaires.
En revanche, les rapporteurs fictifs des groupes ID et CRE ont critiqué cette résolution.
« Je ne suis pas d’accord avec une grande partie des amendements de compromis », a ainsi fait savoir Pietro Fiocchi (CRE, italien), estimant que la résolution contient des mesures qui pénaliseraient les PME en ne leur laissant pas le temps de s’adapter.
Enfin, pour Isabella Tovaglieri (ID, italienne), le secteur européen de la chimie ne doit pas être diabolisé et pénalisé, car cela risque de conduire l’UE à importer des produits chimiques en provenance de pays où les normes sont moins contraignantes. (Damien Genicot)