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Bulletin Quotidien Europe N° 12524
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Turquie

L'UE doit muscler son jeu vis-à-vis d'Ankara, estiment les eurodéputés

Les députés européens, tous groupes politiques confondus, ont demandé à l’Union européenne, jeudi 9 juillet, lors d’un débat avec le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, de faire preuve de plus de fermeté envers la Turquie.

Non-respect des droits de l’homme, tensions avec Chypre et la Grèce, rôle jugé déstabilisateur en Méditerranée orientale, mais aussi en Libye et en Syrie... Les motifs de griefs sont nombreux, selon les députés.

« Trop souvent, la Turquie va à l’encontre de nos intérêts. Ce n’est pas de langage diplomatique dont il faut user, ce que nous attendons de vous c’est le langage de la fermeté », a lancé Nathalie Loiseau (Renew Europe, française) à M. Borrell, résumant la pensée de nombre de ses collègues. Ainsi, pour Hilde Vautmans (Renew Europe, belge), « il n’y aura pas d’amélioration des relations tant que la Turquie ne changera pas de cap et ne sera pas disposée à des réformes sérieuses ».

Assita Kanko (CRE, belge), pour sa part, a appelé à un changement de stratégie. « Si on ne peut pas être amis, faisons comme la Turquie et ayons une relation fondée sur les transactions », a-t-elle proposé, ajoutant qu’avec un ami tel qu’Ankara, il n’y avait pas besoin d’ennemi.

Un changement aussi appelé de ses vœux par Manfred Weber (PPE, allemand). « Il faudrait ouvrir un nouveau chapitre du Partenariat », a-t-il estimé, appelant l'UE à ne pas être « naïve » face à « ce partenaire qui ne joue pas le jeu ». « On a les moyens de réagir et l'union douanière est un de ces leviers », a-t-il prévenu. L'actualisation de cette union douanière est actuellement suspendue.

Pour le Chypriote PPE Leftéris Christofórou, si l’UE ne prend pas de mesures efficaces et déterminées maintenant, « il sera trop tard et il faudra en assumer les conséquences ». Il a donc demandé la fin du versement du fonds de préadhésion à destination de la Turquie. Ces fonds sont actuellement limités et consacrés essentiellement à la société civile. 

Si les actions illégales d’Ankara envers la Grèce et Chypre continuent, l’UE devra y répondre « en pleine solidarité » avec ces deux États membres, a ajouté Tonino Picula (S&D, croate). Le Chypriote Giórgos Georgíou (GUE/NGL) a encore été plus loin, estimant qu’en « l’absence de sanctions fortes et d’une solution permanente pour les problèmes régionaux, la Turquie menacera l’Europe même ».

Face à ces remarques, le Haut Représentant a rappelé sa position (EUROPE 12522/23). « Nous avons de nombreuses questions à résoudre, auxquelles il est nécessaire d’apporter une solution. Cela peut se faire par le biais du dialogue et de la négociation, avec fermeté, mais tout en évitant l’escalade des tensions », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il fallait arrêter la tendance négative actuelle dans les relations et l’inverser. (Camille-Cerise Gessant)

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