L'Irlandais Paschal Donohoe a été élu président de l'Eurogroupe, en remplacement de Mário Centeno, par les dix-neuf ministres des Finances de la zone euro, jeudi 9 juillet.
Son mandat de deux ans et demi débutera lundi 13 juillet.
Se disant « très honoré », M. Donohoe a promis de travailler avec l'ensemble de ses homologues de l'Eurogroupe et d'agir pour « garantir une reprise juste et inclusive », via Twitter. « Les défis sont immenses, mais nous les surmonterons », a-t-il ensuite déclaré, en conférence de presse.
« Vous devenez capitaine du navire Eurogroupe en période de gros temps », a estimé le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, l'assurant de son soutien.
Le ministre irlandais a été élu à la majorité simple des voix à l'issue de deux tours de scrutin, le deuxième tour l'ayant opposé à son homologue espagnole, Nadia Calviño, qui ambitionnait d'être la première femme élue à une telle fonction.
M. Donohoe, qui a bénéficié du report des voix ayant soutenu Pierre Gramegna au premier tour, a été élu par les pays d'Europe du nord et d'Europe centrale et ses homologues chrétiens-démocrates, comme son homologue chypriote. Mme Calviño était soutenue par les pays du sud de l'Europe, la France et l'Allemagne, soit plus de 75% du PIB de la zone euro.
À l'issue du premier tour, aucun des trois candidats en lice - Mme Calviño, le Luxembourgeois Pierre Gramegna et M. Donohoe - n'avait obtenu les dix voix qui lui auraient permis d'être directement élu. M. Gramegna s'est désisté au profit des deux autres candidats.
M. Donohoe avait récemment mis en garde contre la tentation d'introduire au niveau européen une taxe sur les grands groupes numériques, alors que les États-Unis freinent les négociations internationales à l'OCDE à l'approche des élections présidentielles américaines.
Au nom du groupe PPE au Parlement européen, l'Allemand Markus Ferber, s'est réjoui de la collaboration « fructueuse » à venir avec M. Donohoe, dans un communiqué. (Mathieu Bion)