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Bulletin Quotidien Europe N° 12478
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / Bce

L'institut monétaire se tient prêt à ajuster sa politique monétaire pour affronter une récession « sans précédent en temps de paix »

La Banque centrale européenne (BCE) n'a pas modifié, jeudi 30 avril, les modalités de son opération PEPP de rachat massif de titres privés et publics destinée à aider les acteurs économiques de la zone euro à affronter la crise socioéconomique sans précédent que provoque la pandémie de Covid-19.

Néanmoins, « nous sommes tout à fait prêts à accroître l'ampleur de l'opération PEPP, à ajuster sa composition, autant qu'il sera nécessaire et aussi longtemps que cela sera nécessaire », a déclaré la présidente de l'institution européenne, Christine Lagarde, à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs.

Depuis le lancement, le 18 mars, de cette opération dotée de 750 milliards d'euros jusqu'à fin 2020 (EUROPE 12450/6), la BCE avait racheté au 24 avril pour 96,7 milliards d'euros de titres, selon son site Internet.

Mme Lagarde a indiqué que l'opération PEPP avait été élaborée spécifiquement pour lutter contre l'impact du choc externe et symétrique que représente le Covid-19 sur l'économie de la zone euro. Elle a rappelé que les limites en termes de rachat que la BCE s'est imposées - par exemple, ne pas dépasser un seuil maximal de détention de certaines dettes publiques d'un même pays - pouvaient être révisées, si nécessaire. Et elle n'a pas exclu une prolongation de l'opération PEPP après 2020, si la situation l'impose.

Selon Mme Lagarde, le Conseil des gouverneurs n'a pas évoqué la possibilité de racheter des titres souverains à risque ('junk bonds'), alors que l'agence de notation Fitch a récemment dégradé le titre italien à long terme.

Dans le cadre de l'opération PEPP, la BCE rachète des titres grecs. Elle accepte aussi les titres dont la notation financière a été fortement dégradée depuis le déclenchement de la pandémie, que lui apportent les banques s'approvisionnant en liquidités à son guichet.

Seules nouveautés annoncées, jeudi, la création du nouvel instrument PELTRO de refinancement pour le secteur bancaire et l'octroi de conditions de financement encore plus avantageuses dans le cadre de l'opération TLTRO III.

Au total, « nous disposons de plus 1 000 milliards d'euros que nous pouvons déployer jusqu'à la fin de l'année pour acheter des titres », de « 3 000 milliards de liquidités à octroyer aux banques à un taux négatif » et « nous avons assoupli les règles en matière de garanties » ('collateral') pour que les prêts à l'économie se poursuivent « en temps de stress sur les marchés et de dégradations à venir de notations financières », a dit Mme Lagarde.

Alors que le FMI prévoit pour la zone euro une récession de 7,5% du PIB cette année, la BCE a avancé une fourchette très large, située entre 5% et 12% du PIB, en raison de l'incertitude liée à la durée du confinement qui paralyse l'économie et à l'impact des mesures monétaires et budgétaires prises pour éviter un effondrement économique.

Jeudi, l'office statistique de l'UE (Eurostat) a fait état d'une chute du PIB respectivement de 3,8% et de 3,5% dans l'Eurozone et l'UE à Vingt-sept au 1er trimestre 2020 par rapport au trimestre précédent, alors que ces chiffres ne prennent en compte que deux semaines de confinement.

Après être tombée de 1,2% à 0,7% entre février et mars, l'inflation devrait se replier à 0,4% en avril, toujours selon Eurostat. La BCE estime que la baisse des prix énergétiques et la paralysie économique pèsent négativement sur l'inflation à court terme. L'incertitude demeure à moyen terme en raison de l'ampleur de la récession, mais aussi d'une possible hausse des prix liée à de possibles pénuries.

À noter que la BCE a salué l'adoption des filets de sécurité européens pour les États, les personnes touchées par le chômage partiel et les entreprises (EUROPE 12465/2) et elle plaide pour la création d'un Fonds de relance européen pour faire redémarrer l'économie européenne.

Interrogée sur la possible activation de l'opération OMT de rachat de titres souverains, que rendrait possible l'activation par un pays de la zone euro de lignes de crédit du Mécanisme européen de stabilité (MES), Mme Lagarde a rappelé qu'une telle activation n'était « pas automatique ».

Enfin, jeudi, la BCE a décidé de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs. (Mathieu Bion)

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