612 juges polonais ont adressé, le 28 avril, une lettre à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour dire leur préoccupation quant au maintien de la présidentielle du 10 mai par correspondance, malgré la pandémie de Covid-19.
« Nous, les juges des tribunaux de droit commun et des tribunaux administratifs de Pologne à tous les niveaux, souhaitons exprimer notre préoccupation croissante concernant les changements de la loi » ayant permis de maintenir le rendez-vous du 10 mai.
Ces changements « augmentent la probabilité de violations des normes juridiques de base, en particulier le droit de participer à la gestion des affaires publiques du pays. Nous demandons un soutien, un dialogue et un suivi attentif du processus électoral et législatif en cours », écrivent-ils.
« Comme l'état d'urgence a été officiellement annoncé sur l'ensemble du territoire de la République de Pologne, il introduit des restrictions aux droits civils tels que la liberté de mouvement, la liberté de réunion et le droit à l'information. La campagne électorale en cours ne remplit pas les conditions de la libre sélection des représentants par les personnes habilitées à voter ».
Cette forme d'élection « présenterait de nombreux défis, en plus des obstacles habituels de la législation sur les nouvelles lois électorales, en étant introduite si soudainement avant la date de l'élection. Elle soulève la question de savoir si les électeurs auront une possibilité juste et équitable de voter », affirment ces juges.
Pour lire la lettre : https://bit.ly/2WfzA0b (Solenn Paulic)