Une Europe verte, durable et neutre en carbone avec pour priorité le 'Pacte vert' européen ('Green Deal'), la transition vers la neutralité climatique d’ici 2050, l’adaptation au climat, la conservation de la biodiversité et la protection de l’environnement marin : c'est l'ambition de la Présidence croate du Conseil de l'UE.
Le ministre croate à la Protection de l'Environnement et à l'Énergie, Tomislav Ćorić, l'a souligné, mardi 21 janvier, en présentant à la commission de l'environnement du Parlement européen le programme de travail du semestre (EUROPE 12397/12).
« Nous voulons maintenir le climat et l’environnement en tête de nos priorités », a-t-il déclaré, évoquant la gravité des crises climatique et écologique.
« L’Agenda stratégique 2019-2024, le Pacte vert européen et les conclusions du Conseil européen de décembre sur la neutralité climatique d’ici 2050 dans le cadre Accord de Paris vont nous guider », a-t-il ajouté.
Aussi, dès janvier, la Présidence croate lancera-t-elle des débats sur le 'Pacte vert' dans toutes les formations du Conseil de l'UE, à commencer par 'Ecofin', 'Agriculture', 'Pêche', 'Compétitivité' et 'Jeunesse et éducation'.
Elle compte aussi lancer des débats sur des initiatives politiques annoncées par la Commission – propositions dont Tomislav Ćorić espère « qu’elles montreront notre esprit de transformation dans les secteurs qui impactent la biodiversité, le climat et la santé humaine ».
Le ministre a dit partager le point de vue du Parlement européen sur le 'Pacte vert pour l'Europe', qui est une nouvelle stratégie de croissance permettant de transformer l’Union européenne en une société juste et prospère (EUROPE 12403/15).
« Nous voulons une économie concurrentielle, respectueuse de l'environnement, où la croissance économique est découplée de l’utilisation des ressources », a-t-il précisé.
La Présidence entend notamment lancer le débat et espère un vote en juin sur la loi climat qui inscrira la neutralité climatique de l'UE dans le marbre. La présentation de cette proposition de loi est prévue d'ici mars.
À Peter Liese (PPE, allemand) et Alexander Vondra (CRE, tchèque), qui lui demandaient comment aller de l'avant alors que l'étude d'impact ne sera pas disponible avant l'été et en l'absence de consensus au Conseil européen, M. Ćorić a répondu en invoquant l'urgence climatique incontournable.
« Nous allons voter en juin. Notre ambition, après la présentation de la loi, est de lancer la discussion dans toutes les formations du Conseil et, en juin, d'enregistrer le plus de progrès possible. Les ministres de l'Environnement sont conscients de l'importance de lutter contre le changement climatique et nous n'avons pas d'alternative. J'espère que les débats l'indiqueront clairement. », a-t-il déclaré. Répondant à Pascal Canfin (Renew Europe, français), il a confirmé qu'un vote en juin « serait le meilleur résultat qui pourrait résulter de ces discussions ».
Catherine Griset (ID, française) en a appelé au respect de la souveraineté des États membres. Argument balayé d'un revers de la main par le ministre : « La pollution traverse les frontières et les changements climatiques ont une incidence sur le monde entier. Donc la souveraineté n'est pas d'une importance primordiale », a-t-il dit, estimant que « le changement climatique doit nous unir ».
À propos du financement du Pacte vert, M. Ćorić a précisé aux députés que cet aspect était de la compétence des ministres européens des Finances, non de l'Environnement.
En matière de biodiversité, la Présidence attend la proposition de stratégie 2030 de l'UE, qu'elle souhaite ambitieuse, pour « intégrer la biodiversité dans toutes les activités économiques ». Le ministre croate s'est félicité que le Parlement européen vienne de demander des objectifs contraignants aussi bien au niveau européen qu'international (EUROPE 12405/4). La Présidence s’attellera à la préparation du mandat pour la COP15 de la Convention onusienne sur la diversité biologique (Kunming). Plaidant pour un cadre post-2020 « ambitieux, mais réaliste », il a estimé que l'UE devait jouer un rôle moteur comme elle l'a fait pour l'Accord de Paris. Silvia Modig (GUE/NGL, finlandaise) a estimé que l'urgence était tout aussi importante que l'ambition.
La Présidence croate est « prête à travailler sur un 8e programme d'action pour l'environnement (PAE) dès que la Commission en fera la proposition » (EUROPE 12394/8). (Aminata Niang)