Le ministre des Affaires étrangères croate, Gordan Grlić Radman, a estimé, mardi 21 janvier, que « la crédibilité de l’Union européenne en tant qu’acteur mondial (devait) passer le test des succès qu’elle rencontre dans son voisinage immédiat ».
Devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, à qui il a présenté les priorités de la présidence croate du Conseil de l’UE (EUROPE 12398/3), le ministre a, sans surprise, mis l’accent sur le voisinage immédiat de l’UE, en particulier les Balkans occidentaux.
« L’accent doit être mis sur la stabilité et la sécurité dans le voisinage immédiat, la résilience et les efforts de réformes », a expliqué M. Radman, promettant que son pays ferait de son mieux pour faire progresser la politique d’élargissement. « L’UE a de bonnes raisons de maintenir un engagement en faveur de la consolidation du continent européen et de ne permettre à aucune région d’Europe de partir à la dérive », a-t-il souligné, ajoutant qu'avoir des pays européens non membres de l’UE « n’était pas une mission possible à long terme ».
Selon le ministre, « ouvrir les négociations (d’adhésion à l'UE avec la Macédoine du Nord et l’Albanie) enverrait un message clair que l’approche de l’UE vis-à-vis de son voisinage le plus proche est stratégique ».
De plus, selon lui, l’Union ne devrait épargner aucun effort pour que la Bosnie-Herzégovine fasse des progrès dans son cheminement vers l'UE. M. Radman a aussi appelé à ce que les négociations d’adhésion avec le Monténégro et la Serbie soient plus dynamiques, et a espéré que le Kosovo disposera d'une perspective européenne.
Turquie. Le ministre croate est revenu sur la relation des Européens avec la Turquie. Si les relations bilatérales sont « complexes », l’UE a aussi des intérêts clairs envers le pays, notamment migratoires.
« Nous devrions être prêts à nous engager dans un dialogue pragmatique » avec Ankara, a estimé M. Radman, mettant en garde contre une perte d’influence de l’Union dans le cas contraire. (Camille-Cerise Gessant)