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Bulletin Quotidien Europe N° 12394
POLITIQUES SECTORIELLES / Environnement/climat

Les ministres européens saluent le 'Pacte vert', mais souhaitent un 8e programme d'action pour l'environnement contraignant

Les ministres européens de l'Environnement ou du Climat se sont félicités du 'Green Deal' ou Pacte vert européen et de son approche holistique, lors d'un débat public du Conseil 'Environnement', jeudi 19 décembre. Ce débat a permis à la Commission et à la Présidence finlandaise sortante de prendre la température (EUROPE 12392/17).

La préparation de la loi climat pour inscrire l'objectif de neutralité climatique de l'UE d'ici 2050, la stratégie pour la biodiversité, le nouveau plan d'action pour l'économie circulaire - qui pourra contribuer à l'utilisation durable des ressources naturelles et à la réduction des émissions -, la stratégie pour un environnement non toxique et la stratégie de la fourche à la fourchette ont été cités par les ministres comme étant des priorités qui leur tiennent particulièrement à cœur.

Tous ont insisté sur l'importance de la transition équitable et socialement juste vers la croissance verte. Le ministre polonais au Climat, Michal Kurtyka, dont le pays n'a pu s'engager, au Conseil européen, sur la mise en œuvre de l'objectif de neutralité climatique d'ici 2050, a déclaré : « La transition vers la neutralité climatique doit constituer la priorité. Nous espérons l'atteindre au cours de la deuxième partie du siècle (conformément à l'Accord de Paris : NDLR). À nous d’assurer que nous ayons les outils nécessaires ».

« Le débat a confirmé que, plus que jamais, il est nécessaire que l'environnement et le climat soient au cœur des travaux de l’UE », a déclaré la ministre finlandaise à l'Environnement et au Changement climatique, Krista Mikkonen. Elle a noté un large consensus sur : - l'engagement à mettre en place une réponse robuste aux enjeux environnementaux et climatiques ; - la nécessité pour l'UE de continuer à montrer la voie en entreprenant une transformation en profondeur de son économie et de sa société qui tienne compte de la diversité des situations dans les différentes régions de l'Union ; - la nécessité d'une approche coordonnée aux niveaux international, national, régional, local ; - l'agenda stratégique de l'UE et le 'Pacte vert' constituent une base solide de travail.

De nombreux ministres ont réclamé un huitième programme d'action pour l'environnement (8e PAE), stratégique et contraignant, pour compléter le 'Pacte vert' (Suède, Portugal, Chypre, Belgique notamment). De l'avis de la Suède, pas question que le 'Pacte vert' se substitue à un PAE. Ce 8e PAE doit même « contribuer à l’avènement de l’agenda stratégique de l'UE 2019-2024 ». La présentation rapide d’un 8e PAE avait été demandée lors du Conseil 'Environnement' d'octobre et le commissaire Cañete avait alors laissé entendre qu'il pourrait faire double emploi avec le 'Pacte vert' (EUROPE 12342/4).

La cohérence des politiques a été invoquée par tous les ministres comme le moyen de tirer le meilleur parti des synergies entre le 'Pacte vert pour l'Europe' et d'autres objectifs de l'UE, afin que les autres politiques et actions de l'UE n'aillent pas à l'encontre des objectifs que ce 'Pacte vert' s'est fixés.

La Roumanie, la Lettonie, la Lituanie et Malte en ont profité pour dénoncer l'incohérence, selon eux, de l'accord provisoire PE/Conseil sur le paquet Mobilité I avec le 'Pacte vert' (EUROPE 12389/7, 12376/13). Évoquant les émissions polluantes, ils ont fustigé la disposition obligeant les camions de marchandises à retourner dans le pays d’établissement de l’entreprise qui emploie le chauffeur au moins une fois toutes les huit semaines.

« Vous connaissez le Pacte vert. À vous de déterminer les choix politiques. Ceux-ci ne doivent pas être en contradiction avec le Pacte vert. Il y a beaucoup de contradictions à éliminer dans les politiques nationales », avait déclaré Frans Timmermans à l'entame du débat.

Plusieurs ministres réclamant plus d'ambition pour le climat et, en particulier, le relèvement de l'objectif 2030 de l'UE à 55% au moins bien avant la COP26, ont repris la parole devant les caméras après le tour de table (Suède, Danemark, Pays-Bas, France).

Frans Timmermans les a invités à convaincre leurs collègues des Finances pour traduire ce niveau d'ambition dans les négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE. (Aminata Niang avec Damien Genicot)

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