Les députés européens ont dénoncé l’usage « généralisé et disproportionné » de la force par l’Iran à l’encontre de manifestants non violents « qui ne font qu’exercer leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique », jeudi 19 décembre.
« De telles actions sont inacceptables », estiment-ils dans une résolution commune des groupes Verts/ALE, S&D, CRE, Renew Europe et PPE, adoptée en plénière.
Depuis le 15 novembre dernier, au moins 304 personnes ont perdu la vie, selon Amnesty International, dans les manifestations les plus importantes depuis 40 ans dans le pays.
Les députés appellent à des enquêtes rapides, impartiales, indépendantes et transparentes sur les accusations de recours excessif à la force et à faire en sorte que tous les auteurs de violences répondent de leurs actes.
Tous les manifestants, défenseurs des droits de l’homme et journalistes actuellement placés en détention en Iran pour avoir exercé leurs droits légitimes à la liberté d’expression et de réunion doivent être libérés sans condition, ajoutent-ils. Au moins 7 000 personnes auraient été arrêtées.
Le PE condamne aussi fermement la décision iranienne de couper l’accès aux réseaux mondiaux sur Internet, estimant que celle-ci constituait « une violation manifeste de la liberté d’expression ». Il appelle donc les autorités à mettre fin à tous les blocages qui touchent les communications et services en ligne.
Mercredi 18 décembre, lors du débat en session plénière, interrogé sur de possibles sanctions en représailles de la répression des manifestations, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, avait précisé qu'alors que l’UE sanctionnait 83 personnes et entités en raison de leurs violations des droits de l’homme, aucune proposition pour ajouter des noms n’était actuellement sur la table.
Voir la résolution : http://bit.ly/2Sjjin1 (Camille-Cerise Gessant)