Les députés européens ont exhorté la Chine, jeudi 19 décembre, à fermer les camps et centres de détention dans lesquels seraient enfermés plus d’un million d’Ouïghours et à les libérer.
Dans la résolution commune des groupes S&D, CRE, Verts/ALE, Renew Europe et PPE sur la situation des Ouïghours en Chine (China Cables) qu’ils ont adoptée, les parlementaires appellent à la libération de tous les détenus « immédiatement et sans condition », y compris le titulaire du Prix Sakharov 2019, Ilham Tohti (EUROPE 12393/1), dont la Chine a refusé de dire, le même jour, s’il était toujours en vie.
Le gouvernement chinois doit « sans attendre » mettre un terme à la pratique des détentions arbitraires, sans chef d’inculpation, procès ou condamnation pour une infraction pénale, de membres des minorités ouïghoure et kazakhe, ajoutent les députés. « Toute forme de détention, lorsqu’elle est appliquée en violation des lois internationales fondamentales, ainsi que la persécution à l’encontre de personnes ou de groupes donnés en raison de motifs ethniques, culturels ou religieux (...) est inacceptable à la lumière du cadre juridique international », rappelle le Parlement.
Les eurodéputés s’inquiètent aussi des mesures de surveillance mises en place dans le Xinjiang, région pour laquelle il demande un accès pour les journalistes indépendants et pour les observateurs internationaux.
Selon les députés, l'UE doit agir. Ainsi, se déclarant « profondément préoccupés » par « l’utilisation possible du travail forcé des camps d’internement », ils estiment que les produits fabriqués dans des camps de rééducation – via le travail forcé - devraient être interdits sur les marchés de l’Union. Les acteurs du secteur privé devraient évaluer leur engagement au Xinjiang et contrôler leurs chaînes d’approvisionnement afin de s’assurer qu’ils ne sont pas associés à des violations des droits de l’homme, ajoutent les eurodéputés.
Le PE presse aussi la Commission, le Conseil et les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour convaincre le gouvernement chinois de fermer les camps, de mettre un terme à toutes les violations des droits de l’homme au Xinjiang et de préserver la liberté linguistique, culturelle, religieuse et les autres libertés fondamentales des Ouïghours. Selon eux, le Haut Représentant de l’UE, le Service européen pour l’action extérieure et les États membres doivent surveiller de plus près les évolutions préoccupantes en matière de droits de l’homme au Xinjiang. Le Haut Représentant doit aussi insister pour qu’une enquête indépendante soit menée sur l’ampleur et la nature du système de camps d’internement et les nombreuses allégations de violations graves et systématiques des droits de l’homme, ajoutent les députés.
Pour ces derniers, l'UE, ses États membres et la communauté internationale doivent également stopper toutes les exportations et tous les transferts technologiques liés à des biens et services utilisés en Chine pour étendre et améliorer la cybersurveillance et l’appareil de profilage prédictif.
Voir la résolution : http://bit.ly/2tz0aHb (Camille-Cerise Gessant)