À l’heure où les feux de brousse en Australie dévastent la biodiversité d’un continent entier, le Parlement européen se prononcera, jeudi 16 janvier, pour que l’UE défende une position ambitieuse à la 15e conférence onusienne sur la diversité biologique (CBD, Kunming, 19 octobre-1er novembre), où doit être adopté le cadre stratégique mondial post-2020.
Le projet de résolution commune des groupes PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE, CRE et GUE/NGL, qui sera mis aux voix jeudi, exprime les préoccupations les plus vives pour la perte de biodiversité sans précédent aggravée par le changement climatique. Il suit largement les recommandations de la commission parlementaire de l’environnement (EUROPE 12382/7).
Cadre stratégique mondial post-2020. Les députés demandent des objectifs ambitieux et contraignants, des mécanismes de suivi, des calendriers détaillés et des indicateurs de performances pour ériger la lutte pour la préservation de la biodiversité mondiale au rang de priorité, à l’instar de ce qui a été fait pour le climat avec l’Accord de Paris. Ils insistent aussi pour que l’UE puisse être chef de file de ces négociations internationales en donnant l’exemple, ce qui nécessite qu’elle balaie devant sa porte.
Le texte appelle la Commission et les États membres à promouvoir la définition d’un nouvel objectif mondial pour inverser la tendance à la perte de biodiversité d’ici 2030, afin de mettre la nature sur la voie de sa régénération au bénéfice de tous.
Il préconise que l'UE appelle toutes les parties à protéger la moitié de la planète d’ici 2050.
Le Parlement considère que le cadre post-2020 devrait contenir un objectif de conservation mondial clair pour 2030 d’au moins 30% des zones naturelles, ainsi que l’objectif de restaurer au moins 30% des écosystèmes dégradés. L’UE, quant à elle, devrait se fixer des objectifs analogues en interne, souligne le projet de résolution.
Stratégie 2030 de l'UE. Le Parlement pressera la Commission d'élaborer une stratégie 2030 de l'UE qui s'attaque aux principaux moteurs de la perte de biodiversité. Le projet de résolution appelle à un objectif contraignant de restauration des habitats dégradés d'ici 2030, qu'il s'agisse des forêts, des zones terrestres, côtières, humides ou marines.
La Commission et la BEI seront invitées à inclure la prise en compte de la biodiversité dans leur action extérieure - en particulier les financements - pour garantir qu'aucun fonds de l'UE ou modèle de financement ne contribue à la perte de biodiversité nette.
Le Parlement invitera la Commission à faire de la réduction de l'empreinte de l'UE sur la biodiversité mondiale un élément important de la stratégie 2030 de l'UE pour éviter toute incohérence entre les actions internes et l'ambition de l'UE au niveau mondial.
Un amendement de la GUE/NGL insiste pour une interdiction totale de toute forme d'OGM, quelle que soit leur méthode d'obtention. Un amendement du groupe S&D invite à reconnaître que la politique agricole commune contribue à la perte de biodiversité et demande une réforme ambitieuse de la PAC pour garantir la protection de la biodiversité. (Aminata Niang)