Après avoir entamé fin 2018 un ‘tour d’écoute’ des préoccupations des citoyens européens, le candidat du Parti populaire européen (PPE) à la présidence de la Commission européenne, l’Allemand Manfred Weber, a officiellement lancé sa campagne le 3 avril à Bruxelles.
Son slogan : « The power of WE », pour jouer sur les deux premières lettres de son nom de famille. Ce lancement de la campagne intervient alors que le parti PPE vient tout juste de se doter de son manifeste. Le calendrier retenu est idéal, selon le candidat, car il lui a permis d’écouter les gens, « contrairement aux autres » qui ont arrêté leur programme électoral bien avant.
La campagne du PPE et de son Spitzenkandidat s’articule autour de trois grands thèmes : - une Europe forte ('strong') et sûre ; - une Europe intelligente ('smart'), et ; - une Europe bienveillante ('kind').
Le Bavarois veut partir sur l’héritage de la Commission 'Juncker' qui a progressé à la fois en matière de création d’emplois, sur le pilier des droits sociaux et dans la réduction du nombre d’arrivées de migrants. Son tour d’écoute lui a appris que la politique doit commencer avec les problèmes concrets de gens ordinaires.
Sur l’Europe forte, le PPE veut renforcer l’échange de données entre services de sécurité pour mieux lutter contre le terrorisme, notamment. Sur la protection des frontières extérieures, M. Weber trouve que 10 000 nouveaux agents d'ici à 2027 pour l'Agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières, c’est « trop tard et inacceptable » (EUROPE 12224/14). D'après lui, il faut que ce soit déjà le cas « dans les prochaines années ».
L’Europe intelligente c’est notamment l’Europe de l’innovation technologique, de la santé ou de la mobilité des jeunes, l’Europe qui fera qu’une personne n’est pas obligée d’aller dans un autre État membre pour chercher du travail.
Une Europe bienveillante, enfin, c’est une Europe qui ne signe pas des accords de libre-échange ayant un impact négatif sur les citoyens européens et qui ne laisse « personne derrière » la numérisation ou la mondialisation.
Le candidat se rendra désormais en Grèce le 23 avril, sa prochaine grande étape. Fin avril, il participera à un débat avec les autres Spitzenkandidaten connus à Maastricht.
Qu’en est-il des chances du Bavarois de remplacer M. Juncker ? L’actuel patron du groupe PPE au PE est certain du « plein soutien » de son parti, qui l’a d’ailleurs élu à près de 80 % des voix à Helsinki face à Alexander Stubb en octobre 2018 (EUROPE 12133/2).
Le Bavarois n’ignore évidemment pas les rumeurs selon lesquelles le négociateur de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, souhaiterait aussi se placer dans la succession de M. Juncker. Mais cela ne semble pas l’inquiéter.
D'après les récentes projections du PE, le PPE resterait en tête, mais comme les autres partis traditionnels, il devrait perdre des députés avec 188 sièges, contre 217 actuellement.
Pour le moment, le parti hongrois Fidesz de Viktor Orbán, suspendu le 20 mars (EUROPE 12218/8), reste au parti PPE. Mais il pourrait aussi en être autrement au lendemain du scrutin européen de mai.
Voir le site de la campagne du PPE : https://bit.ly/2uLVP0M. (Solenn Paulic)