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Bulletin Quotidien Europe N° 12229
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INSTITUTIONNEL / Pe2019

La politique de concurrence de l'UE doit servir à garantir des règles du jeu équitables, estime M. Zahradil

Le Spitzenkandidat des conservateurs européens, le Tchèque Jan Zahradil, a loué, jeudi 4 avril, les efforts de la Commission européenne pour garantir « des règles du jeu équitables » ('level playing field') au sein du marché unique. 

En tant que commissaire européenne à la Concurrence, « Margrethe Vestager a fait un excellent travail ; elle a énervé beaucoup de monde » en essayant de « combattre les monopoles », a estimé l'eurodéputé lors d'un débat organisé à Bruxelles par le cercle de réflexion Bruegel et le FT. Il a promis de continuer sur cette voie s'il accède à la présidence de la Commission européenne après les élections européennes. 

Selon lui, la politique de concurrence de l'UE doit servir à mettre en place un corpus de règles « universel » que chaque acteur entrant sur le marché intérieur, y compris les entreprises issues de pays tiers, devrait respecter au risque d'une exclusion du marché unique. Le Tchèque ne s'est pas totalement opposé à des fusions entre grandes entreprises d'États membres, à condition que les règles du jeu soient respectées. 

Interrogé sur l'attitude que les Européens doivent adopter vis-à-vis de la concurrence des entreprises chinoises, M. Zahradil a noté que des règles étaient en place pour filtrer les investissements directs étrangers. Il faut insister sur le principe de « réciprocité », notamment en matière d'accès des entreprises aux marchés publics. Mais, si ces entreprises sont « subventionnées », elles ne peuvent pas entrer sur le marché, a-t-il estimé. 

S'il est président de la Commission, le souverainiste tchèque a indiqué qu'il ne remettra pas en cause l'acquis communautaire en matière de détachement des travailleurs ou de sécurité au travail. Néanmoins, « je n'achèterai jamais l'idée de M. Macron de créer un salaire minimum en Europe », a-t-il souligné. 

Sur le respect de l'État de droit, le Spitzenkandidat a estimé que l'ouverture des deux procédures dites 'article 7' à l'encontre de la Pologne et de la Hongrie était une erreur. Il préférerait que de simples discussions aient lieu entre les échelons européen et national sur cet enjeu. 

Interrogé sur le défi migratoire, M. Zahradil a estimé qu'il revient aux États membres de décider seuls qui ils souhaitent accueillir sur leur territoire, rejetant toute « redistribution arbitraire » de migrants entre les États membres. 

Enfin, sur la composition future du groupe conservateur au Parlement européen, l'eurodéputé a jugé possible de maintenir ce groupe plus ou moins à son niveau actuel, malgré le départ des élus britanniques. « Mais ma famille politique ne pourra pas s'allier avec Madame Le Pen », a-t-il estimé. (Mathieu Bion)

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