La forte progression des mouvements populistes d'extrême droite aux élections européennes de mai prochain pourrait menacer les actions de l’Union européenne en matière de lutte contre le dérèglement climatique, selon un rapport d’Adelphi, un groupe de réflexion allemand, présenté, mercredi 27 février, lors d’un petit-déjeuner organisé par Jo Leinen (S&D, allemand).
« L’étude démontre de manière impressionnante que le populisme de droite constitue non seulement une menace pour la démocratie, l’État de droit et la liberté individuelle, mais pourrait également compromettre la lutte multilatérale contre le changement climatique », a ainsi déclaré l’eurodéputé.
Concrètement, le rapport conclut tout d’abord que les programmes des partis populistes de droite couvrent rarement la politique climatique. Lorsque c’est le cas, la position exprimée est relativement simpliste ou sous-développée.
Ensuite, selon Adelphi, sur les 21 partis populistes de droite de 21 États membres analysés, sept nient le consensus scientifique sur le changement climatique et ses causes. Onze autres n’ont pas de position claire sur le sujet ou présentent des points de vue incohérents, parfois ambigus, sans rejeter ouvertement le discours scientifique majoritaire sur le climat.
Parmi le premier groupe de partis, l’AfD allemande et l’UKIP britannique seraient les plus explicitement climato-négationnistes, en allant jusqu’à diffuser de fausses informations niant le dérèglement climatique.
Le deuxième groupe comprend quant à lui notamment le Rassemblement national français, la Lega italienne ou encore le PiS polonais.
À travers une analyse des résultats des votes au Parlement européen, l’étude montre également que la majorité des partis populistes de droite s’opposent aux propositions de politique climatique et énergétique de l’UE, joignant l’acte à leur rhétorique climatosceptique.
Deux tiers des eurodéputés de ces partis voteraient ainsi régulièrement dans ce sens et la moitié des votes s'opposant aux résolutions en faveur du climat et de la transition énergétique proviendrait des partis populistes de droite.
Enfin, sur base des sondages actuels et de leur analyse du comportement électoral, Adelphi constate que l’influence des partis populistes de droite au PE est appelée à augmenter. Une telle situation conduirait au renforcement et au développement du bloc votant contre les politiques de l’UE destinées à lutter contre le dérèglement climatique.
Voir le rapport : https://bit.ly/2XtNhZe. (Damien Genicot - stage)