La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a souligné l’importance de la coopération entre l’UE et le Liban en termes de sécurité, mardi 26 février.
« Nous travaillons ensemble pour construire un Liban […] plus sûr. Nous coopérons avec votre police - avec les forces armées libanaises - dans un certain nombre de domaines, du contrôle des frontières à la sécurité des aéroports et aux formations », a-t-elle expliqué lors de l’inauguration de la nouvelle délégation de l’UE à Beyrouth, ajoutant que l’UE travaillait aussi avec le pays dans sa réforme du secteur de la sécurité. Selon elle, le travail accompli dans le secteur de la défense et de la sécurité « est essentiel, non seulement pour la sécurité du Liban, mais aussi pour la sécurité européenne ».
Le programme annuel d’action de l’UE pour le Liban concernant la promotion de l’État de droit, le renforcement de la sécurité - y compris la gestion des frontières - et la lutte contre le terrorisme a été pourvu de 18 millions d’euros pour 2018. En mars 2018, la Haute Représentante avait aussi annoncé 50 millions d’euros supplémentaires pour soutenir la sécurité dans le pays jusqu’en 2020 (EUROPE 11983).
Mme Mogherini a rappelé le soutien continu de l’UE à l'unité, à la souveraineté, à la stabilité et à l'intégrité territoriale du Liban. « L'UE continue d'appuyer pleinement la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) dans son rôle de maintien de la stabilité à la frontière sud », a-t-elle ajouté.
Au-delà de la sécurité, l’UE et le Liban travaillent ensemble sur de nombreux sujets. « Aujourd'hui, nous avons des dialogues politiques, économiques et sociaux réguliers. Notre commerce bilatéral a augmenté régulièrement chaque année, et investir de plus en plus au Liban est pour nous une priorité », a rappelé la Haute Représentante. Le commerce entre l'UE et le Liban n'a cessé de croître au cours des dernières années avec une croissance annuelle moyenne de 7,5 % depuis 2006, pour un commerce total d'environ 7,7 milliards d’euros en 2017, selon les chiffres de la Commission.
À l'occasion de sa première visite dans le pays depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, fin janvier (EUROPE 12185), Mme Mogherini a rappelé la volonté de l'UE de continuer à accompagner le Liban dans la mise en œuvre de son programme de réformes et à soutenir le gouvernement et les communautés d'accueil touchées par la crise syrienne. L'UE travaille aussi avec Beyrouth dans le renforcement de l'État de droit et du respect des droits de l'homme, la création d'emplois, un meilleur usage des ressources naturelles ou encore les échanges universitaires.
Par ailleurs, le gouvernement britannique a annoncé, le 25 février, que le mouvement libanais Hezbollah allait être totalement interdit dans le pays, le qualifiant d’« organisation terroriste ». Selon le gouvernement, il n’est plus possible de faire la distinction entre la branche militaire du mouvement, déjà interdite, et le parti politique. Le gouvernement libanais compte deux ministres appartenant au Hezbollah. (Camille-Cerise Gessant)