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Bulletin Quotidien Europe N° 12022
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

L'UE propose une stratégie pour régler la brouille commerciale, conditionnée à une exemption des taxes sur l'acier et l'aluminium

Les dirigeants européens ont défini, lors d'un dîner informel en amont du sommet UE/Balkans occidentaux à Sofia, mercredi 16 mai, une stratégie reposant sur quatre éléments pour mettre un terme aux tensions commerciales avec les États-Unis, soumise à la condition stricte que l'Union européenne soit exemptée de manière permanente, au-delà du 1er juin, des taxes américaines de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur celles d'aluminium. 

« Nous voulons une exemption illimitée des mesures tarifaires proposées. Si l'Europe obtient une exemption illimitée, nous sommes prêts à entamer des pourparlers, en mettant l'accent sur quatre points spécifiques », a résumé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, jeudi 17 mai. 

L'UE est en premier lieu ouverte à des discussions visant un abaissement tarifaire réciproque sur certains produits industriels, mais pas sur les produits agricoles, et l'ouverture des marchés publics. 

Ces pourparlers porteraient en particulier sur les véhicules, un secteur stratégique à la fois pour l'Allemagne et l'Italie. Les taxes de l'UE sur les automobiles américaines s'élèvent à 10 %, tandis que les États-Unis imposent des droits de 25 % sur les pick-up et camions européens. 

Pour mener ces négociations au nom de l'UE, la Commission européenne aurait besoin d'un mandat des États membres. L'Allemagne et l'Italie y sont très favorables, mais les Européens ne veulent pas relancer les négociations TTIP, au point mort depuis fin 2016. 

L'Union propose en deuxième lieu une coopération volontaire en matière de réglementation, réclamée par l'industrie de part et d'autre de l'Atlantique. Ces travaux sur la coopération volontaire entre les régulateurs des deux parties se feraient sur une base ad hoc, en dehors du cadre des négociations commerciales. 

La convergence réglementaire transatlantique, notamment en matière sanitaire et phytosanitaire, était un élément clé des négociations TTIP. 

En troisième lieu, l'UE propose de mener un travail conjoint en vue de la réforme de l'OMC pour assurer des règles du jeu plus équitables et de trouver des solutions mutuellement acceptables pour lever le blocage actuel, par les États-Unis, des nominations de nouveaux juges au sein de l'organe d'appel de l'OMC. 

Enfin, l'UE propose d'approfondir la relation énergétique transatlantique, notamment dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL), un secteur devenu stratégique pour les États-Unis, qui cherchent à concurrencer la Russie, principal fournisseur de l'UE, sur le marché européen. 

« Ces négociations seront basées sur les principes de réciprocité et de compatibilité avec l'OMC et avec l'objectif d'éviter une guerre commerciale. Nous ne négocierons pas avec l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes », a insisté M. Juncker. 

« On peut améliorer des choses, nous pouvons le faire dans un cadre qui est pacifié. Mais le préalable à toute discussion, c'est la levée sans condition technique ou de temps des tarifs américains », a commenté le président français, Emmanuel Macron. 

À défaut, l'UE mettra en œuvre son paquet de contre-mesures à l'imposition éventuelle des taxes américaines, compatibles avec les règles de l'OMC, prévoyant notamment des droits de douane sur des exportations américaines à hauteur de 2,8 milliards d'euros (EUROPE 11983), ont de nouveau prévenu les dirigeants européens. (Emmanuel Hagry)

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