La nouvelle est tombée mercredi : le patron de Facebook a enfin accepté de se présenter devant les eurodéputés pour clarifier l’utilisation des données personnelles par le réseau social à la lumière du scandale Cambridge Analytica (EUROPE 12021). La date et l’heure sont désormais connues : mardi 22 mai, à 17h45.
Mais alors que le président du PE s’est félicité d’avoir réussi à faire venir M. Zuckerberg en personne jusqu’à Bruxelles, la décision d’organiser une audition à huis clos laisse un goût amer dans la bouche de plusieurs députés européens.
« Il ne peut pas y avoir deux poids et deux mesures, l’une pour le Congrès américain, l’autre pour le Parlement européen », a commenté la Française Eva Joly (Verts/ALE).
Le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, a été catégorique : il n’assistera pas à la réunion si elle se tient à huis clos. « Pourquoi pas [organiser] un Facebook live ? » a-t-il ironisé sur Twitter.
Même la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová, a trouvé qu’il était « dommage » que le format choisi ne soit pas une audition publique. Une remarque qui a eu le don d’énerver Antonio Tajani qui lui a répondu sur Twitter : « Il s’agit d’une décision de la Conférence des présidents. Ce n'est pas votre travail de contrôler et de critiquer le Parlement européen. »
Mark Zuckerberg profitera aussi de sa venue en Europe pour rencontrer, dès le lendemain, le président français, Emmanuel Macron, à Paris, aux côtés d’une cinquantaine d’autres dirigeants de grandes entreprises du numérique. (Marion Fontana)