Le Parlement européen demande à la Commission de présenter une stratégie pour mettre en œuvre dans les politiques internes et externes de l’UE le programme universel de développement durable à l’horizon 2030 et ses 17 objectifs de développement durable (ODD) adoptés par l’ONU en septembre 2015.
La résolution non législative, qu’il a adoptée, jeudi 6 juillet à Strasbourg, sur l’action de l’UE en faveur de la durabilité (446 voix pour, 57 contre, 84 abstentions) appelle la Commission et l'UE à faire preuve d'ambition. Suivant les recommandations de son rapporteur, le Britannique Seb Dance (S&D), cette résolution-fleuve (plus de soixante pages) est la réponse des eurodéputés à la communication de la Commission relative aux ‘Prochaines étapes pour un avenir européen durable’ que les ONG avaient jugée décevante. La résolution du Parlement les ravit.
Le Parlement souhaite notamment que la Commission identifie, dans ses différentes politiques, le fossé qui reste à combler pour mettre en œuvre les ODD et invite la Commission à mette au point des indicateurs précis pour assurer le suivi de la stratégie qu’il attend.
Il souligne l’importance que revêt la durabilité pour l’avenir de l’UE et demande que le prochain budget de l’UE soit réorienté en fonction du programme universel pour le développement durable.
Les eurodéputés appellent les décideurs politiques à mieux s'attaquer aux impacts de l'approvisionnement en produits de base et de l'exploitation des ressources naturelles dans l'UE et dans les pays tiers, d'intégrer la lutte contre le changement climatique dans la mise en œuvre des ODD et d'opérer le découplage entre croissance économique et consommation des ressources.
La plateforme multipartite pour l'échange de bonnes pratiques, dont la création est la seule proposition concrète qu'avait faite la Commission, devrait aussi assurer la diffusion des savoirs pratiques sur les ODD et identifier les obstacles à la réalisation des ODD lors de ses réunions trimestrielles, estime le Parlement. Cette plateforme sera présidée par le vice-président de la Commission, responsable du développement durable, Frans Timmermans.
« J’espère que vous vous ferez notre porte-voix à New York », a déclaré Seb Dance, à l’adresse du commissaire européen à l'Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche, Karmenu Vella, et de la Présidence estonienne du Conseil de l’UE, lors du débat qui a précédé le vote, mercredi 5 juillet.
Le vice-ministre estonien chargé des Affaires européennes, Matti Maasikas s'est dit convaincu que « l’UE doit faire preuve de leadership lors du Forum politique onusien de haut niveau sur le développement durable » (New York, 10-19 juillet) et a souligné la similitude entre les demandes du Parlement et celles du Conseil, formulées dans des conclusions adoptées le 21 juin dernier (EUROPE 11813). Le commissaire Vella, qui interviendra à New York lors de la ministérielle des 17 et 18 juillet, a remercié le Parlement pour sa contribution, rappelant que le programme universel de développement reconnaît le rôle des Parlements. « Je suis tout à fait d'accord avec vous, il est urgent d'agir au niveau de l'UE et au niveau mondial », a-t-il déclaré.
Le WWF a salué le vote du Parlement. « Le message est fort, clair, et unanime. S’orienter vers le développement durable est d’importance capitale tant pour le Parlement que pour les États membres. Il est temps que la Commission se mette au travail », a déclaré Sally Nicholson, du bureau européen du WWF. (Aminata Niang)