La création formelle du Fonds européen pour le développement durable (fonds EFSD ou FEDD en français), qui devrait permettre de lever, d'ici à 2020, jusqu'à 44 milliards d’euros d’investissements en Afrique et dans les pays du voisinage de l’UE avec un budget initial de 3,35 milliards d’euros, est à portée de main.
Le Parlement européen a validé, jeudi 6 juillet à Strasbourg, l’accord interinstitutionnel provisoire trouvé le 17 juin sur cet instrument de développement qui vise à s’attaquer aux causes profondes des migrations irrégulières (EUROPE 11818).
C’est à une confortable majorité (503 voix pour, 78 contre 51 abstentions), que les eurodéputés ont entériné cet accord négocié en trilogue sur la proposition de règlement relatif au Fonds européen pour le développement durable et instituant la garantie et le fonds de garantie EFSD.
Le Fonds a vocation à lutter contre les pressions migratoires trouvant leur origine dans la pauvreté, les conflits, l’instabilité, le sous-développement, l’inégalité et les violations des droits de l’homme, la croissance démographique, l’absence d’emplois et de perspectives économiques ainsi que le changement climatique, en complément des cadres de partenariat avec les pays tiers. L’EFSD devrait également contribuer à la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.
Il constitue le premier pilier du Fonds européen d’investissement extérieur, les deux autres piliers étant, d'une part, l'assistance technique et les programmes thématiques de coopération au développement, et, d'autre part, un dialogue politique structuré pour améliorer le climat d'investissement des pays concernés.
Les co-rapporteurs Eduard Kukan (PPE, slovaque), Doru-Claudian Frunzulică (S&D, roumain) et Eider Gardiazabal Rubial (S&D, espagnole) se sont félicités de la rapidité avec laquelle l’accord avait pu être trouvé sur une proposition qui remonte à septembre dernier.
Le commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica, a souligné l’importance de « démarrer la phase de mise en œuvre le plus rapidement possible pour qu’on puisse apporter des éléments de succès au sommet UE/Afrique » d’Abidjan (29-30 novembre). Et d'insister sur le fait que l'EFSD « offre un cadre global d'amélioration des investissements en Afrique » et « pilotera nos partenariats avec le secteur privé pour parvenir aux objectifs universels de développement durable. » Selon lui il n'est pas question de garantir des investissements que le secteur aurait fait de toute façon et la cohérence avec la lutte internationale contre la fraude fiscale sera assurée.
« Notre rôle est de nous attaquer aux causes de phénomènes migratoires et d’améliorer les conditions de vie dans ces pays », a déclaré Eduard Kukan, soulignant que l’EFSD « doit promouvoir des investissements durables » - des investissements dans les infrastructures socio-économiques, les PME et le microfinancement - pour promouvoir le rôle du secteur privé et dynamiser l'environnement économique. Il s'est réjoui de ce que le Parlement ait pu obtenir que référence soit faite à l'efficacité du développement et à l'éradication de la pauvreté.
Insistant sur l'intérêt d'associer le secteur privé « pour avoir assez de croissance et influer sur les causes des départs avec des retombées sur la croissance et l'emploi, au bénéfice des jeunes, des femmes, des PME », Doru-Claudian Frunzulică s'est félicité des améliorations obtenues sur la transparence fiscale. « Il y aura donc une vision plus transparente des résultats obtenus », a- il dit. Il a également salué les critères fixés (respect des normes de l'OCDE, des droits du travail, des droits de l'homme, des Conventions de l'OIT, du droit humanitaire).
L'EFSD « aidera à attirer le capital privé, mais constituera un complément à l'aide publique au développement », a précisé Mme Eider Gardiazabal Rubial. (Aminata Niang)