Bruxelles, 18/12/2014 (Agence Europe) - Avec 490 voix pour, 76 contre et 57 abstentions, le Parlement européen a approuvé, jeudi 18 décembre, la conclusion de l'accord d'association, dont une zone de libre-échange complet et approfondi, signé le 27 juin entre l'UE et la Géorgie.
« C'est un jour d'exception, très important pour ma nation », a souligné le président géorgien, Guiorgui Margvelachvili, présent à Strasbourg pour le vote. « Par ce nouvel accord, la Géorgie obtient un nouvel outil de réformes (…) et l'Europe acquiert un pays fiable qui tient beaucoup à ce partenariat, aux mêmes valeurs et qui veut renforcer la paix, la sécurité et la stabilité dans la région du Caucase et au-delà », a-t-il ajouté. Pour le rapporteur, Andrejs Mamikins (S&D, letton), « la ratification par le PE de l'accord d'association avec la Géorgie ouvre un nouveau chapitre dans les relations UE-Géorgie ». Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a qualifié le vote de « moment historique. Il est maintenant essentiel pour la Géorgie de mettre pleinement en oeuvre l'accord et de démontrer son engagement ferme envers les valeurs et les principes communs de l'UE. Le maintien de l'État de droit et la poursuite de nouvelles réformes dans le système judiciaire sont d'une importance particulière », a-t-il ajouté.
En adoptant un autre rapport (491 voix pour, 84 contre et 63 abstentions), les députés se sont félicités de la signature de l'accord d'association, « qui constitue un progrès notable dans les relations entre l'Union européenne et la Géorgie ». Le PE rappelle que la ratification de cet accord « n'est pas l'objectif final en soi et que sa mise en oeuvre pleine et entière dans les meilleurs délais est essentielle ». Il appelle ainsi les États membres à le ratifier « dans les plus brefs délais ». Selon le président géorgien, 10 des 28 États membres ont ratifié l'accord. Le parlement géorgien l'a fait à l'unanimité le 18 juillet.
Le PE appelle la Géorgie à poursuivre ses réformes et la lutte contre la criminalité organisée, la corruption, la fraude et le blanchiment d'argent, et à mettre en place un système judiciaire pleinement opérationnel. La dépolitisation de l'administration publique est demandée. « Toutes les poursuites doivent être transparentes, proportionnées et menées indépendamment de toute considération politique », rappellent les députés. Le PE réitère aussi son soutien à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Géorgie. Ils condamnent la conclusion du traité 'd'alliance et de partenariat stratégique' entre l'Abkhazie et la Russie qu'ils considèrent comme un pas vers la conclusion de l'annexion totale de l'Abkhazie.
Libre-échange, gain de 4% pour le PIB géorgien. La commissaire Cecilia Malmström a salué l'aval du PE à cet accord d'association qui permettra une « modernisation ambitieuse » des relations commerciales bilatérales. L'accord prévoit l'instauration d'une zone de libre-échange qui se complète par un programme de réformes liées au commerce, en particulier dans le domaine des normes d'hygiène pour les produits agricoles et des normes de sécurité pour les produits industriels. Ces réformes visent aussi à garantir un climat stable et prévisible pour stimuler l'investissement étranger en Géorgie.
Les échanges bilatéraux de marchandises se sont élevés à 2,7 milliards € en 2013. La zone de libre-échange est provisoirement opérationnelle depuis le 1er septembre. Selon les premiers chiffres, les exportations de la Géorgie vers l'UE ont augmenté de plus de 50% en septembre.
Selon une étude indépendante, la zone de libre-échange entre l'UE et la Géorgie doit dynamiser les exportations croisées des deux partenaires à hauteur de 7,5% et de 12% respectivement. L'accord pourrait, sur le long terme, augmenter le PIB de la Géorgie de 4,3% (près de 300 millions €). (CG/EH)