Bruxelles, 21/01/2014 (Agence Europe) - Avec les élections européennes de mai 2014, « ce qui se joue aussi c'est l'influence de la France au sein des institutions européennes », a déclaré Thierry Repentin, mardi 21 janvier de passage à Bruxelles où il a assisté à la Conférence intergouvernementale ayant donné le point de départ aux négociations d'adhésion à l'UE avec la Serbie.
Parmi les fonctions importantes que la France pourrait convoiter alors qu'approchent à grands pas le renouvellement de la Commission européenne et la fin de l'actuelle présidence du Conseil européen, le ministre délégué aux Affaires européennes a évoqué les portefeuilles permettant de faire « levier » dans les domaines de l'emploi et de la croissance économique. Il a aussi cité « la présidence de l'Eurogroupe » qui pourrait devenir une fonction à temps plein (mais pas couplée avec celle du commissaire chargé de l'euro) afin d'asseoir un véritable gouvernement économique au sein de l'eurozone. Outre les fonctions politiques, il s'est félicité de la récente nomination de Dominique Ristori à la tête des services à l'Énergie de la Commission européenne. On prête également à la France l'ambition de convoiter la direction générale des affaires économiques et monétaires. En revanche, sur la volonté de Michel Barnier de mener la famille chrétienne-démocrate aux élections européennes et, en cas de victoire, de présider la Commission, M. Repentin a estimé que le gouvernement socialiste français n'avait pas à s'immiscer dans les affaires internes d'un parti concurrent. M. Hollande a dit qu'il respecterait l'issue des élections européennes, a-t-il aussi souligné.
Après les annonces du président français (EUROPE 10996), le gouvernement français travaille d'arrache-pied à des propositions relatives à des initiatives concrètes de coopération franco-allemande en vue de la réunion ministérielle conjointe entre les deux pays, le 19 février. La « transition énergétique » représente « un gisement d'emplois fabuleux », mais on aurait pu aussi parler du secteur « numérique », a indiqué M. Repentin. L'objectif est de mieux coordonner les travaux de recherche menés en France et en Allemagne dans des domaines tels que « le solaire, le stockage et la gestion intelligente de l'énergie », a-t-il ajouté. D'autres axes de travaux concernent « la convergence économique et fiscale », la création d'un salaire minimum dans certains secteurs d'activités en Allemagne contribuant à faire bouger les lignes. Et le ministre de remarquer que l'ambition franco-allemande est permise notamment parce que, de part et d'autre du Rhin, aucun grand rendez-vous électoral n'interviendra après les élections européennes.
Union bancaire. Conscient de l'hostilité du Parlement européen à l'égard de la position du Conseil sur le dossier 'résolution bancaire unique' (EUROPE 11 000), M. Repentin a appelé les États membres à un réel effort de pédagogie pour expliquer « le chemin parcouru » en dix-huit mois dans un contexte « difficile ». Ce dossier va néanmoins « dans une direction où l'aspect communautaire est clairement inscrit », a noté le ministre, satisfait que les députés privilégient un accord plutôt qu'un blocage. L'élaboration d'un traité intergouvernemental pour la montée en puissance du fonds unique de résolution et l'octroi au Conseil d'un droit de regard pour arrêter un processus de résolution bancaire - deux points rejetés en bloc par le PE - ont cependant peu de chances d'être retoqués.
Enfin, M. Repentin a plaidé pour une adoption rapide des règles révisées sur le détachement des travailleurs afin de permettre aux États de mieux contrôler l'exécution des contrats sur leur territoire. (MB)