Bruxelles, 21/01/2014 (Agence Europe)- Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a voulu se montrer rassurant, le 21 janvier, lors de sa visite à Bruxelles, concernant la réforme de la justice et en particulier la réforme du Haut Conseil des juges et des procureurs qui inquiète l'UE. « Personne ne peut s'interroger sur le besoin de séparation des pouvoirs mais ces pouvoirs ne peuvent se parasiter, si l'un parasite l'autre, ce pays perd ses qualités démocratiques. Le système judiciaire ne peut outrepasser son mandat, la mission qui lui est confiée. C'est ce que nous faisons en Turquie, tout le reste n'est que de la désinformation », a expliqué M. Erdogan. Il a précisé qu'il fallait faire en sorte que l'impartialité et l'indépendance du pouvoir judiciaire soient pleinement appliquées et que « cela peut être fait par le pouvoir législatif ».
Les explications turques ont semblé satisfaire les Européens. « C'est une discussion très franche m'a satisfait, M. Erdogan a assuré qu'il voulait respecter la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice et l'état de droit (…) j'ai confiance en ce que le gouvernement va répondre à toutes les questions posées », a souligné le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. « Nous sommes en contact permanent avec le gouvernement turc, nous pensons que la situation s'améliore mais qu'il y a encore une marge de maoeuvre, le plus important c'est d'avoir un dialogue étroit », a expliqué le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Il a rappelé que la Turquie, en tant que pays candidat, « s'engage à respecter les critères politiques d'adhésion, y compris l'application de l'état de droit et la séparation des pouvoirs ». « Il est important de ne pas faire marche arrière sur les réalisations et d'assurer que le système judiciaire soit en mesure de fonctionner sans discrimination ou préférence, d'une manière transparente et impartiale », a-t-il ajouté.
Le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, rencontrera, ce mercredi 22 janvier, le ministre turc des Affaires européennes, Mevlut Cavusoglu, une rencontre qui « offre l'occasion d'une discussion plus détaillée sur nos suggestions concernant le projet de loi », selon M. Füle.
Lors de leur rencontre, les dirigeants turc et européens ont discuté plus généralement du processus d'adhésion de la Turquie à l'UE, de la volonté d'approfondir les relations, de la libéralisation des visas et de la question chypriote (EUROPE y reviendra). Les relations internationales, dont la Syrie, ont aussi été au coeur des rencontres.
Hollande en Turquie les 27 et 28 janvier
À Bruxelles mardi 21 janvier pour le lancement des négociations d'adhésion avec la Serbie (voir autre nouvelle), le ministre français délégué aux Affaires européennes, Thierry Repentin, a indiqué que la décision d'ouvrir un nouveau chapitre de négociation avec la Turquie était « liée à une contrepartie » et devait se traduire par des « signes » tangibles de la part d'Ankara. La visite, les 27 et 28 janvier, du président français François Hollande à Ankara et Istanbul sera, selon lui, l'occasion d'aborder certains sujets tels que les questions chypriote et arménienne, le respect de l'état de droit, de la liberté de la presse et du droit de manifester. La Turquie étant « un pays charnière entre deux mondes », les questions liées à la sécurité et à l'immigration devraient aussi être discutées. La France bloque toujours unilatéralement quatre chapitres de négociations. (CG avec MB)