Bruxelles, 21/01/2014 (Agence Europe) - Ce groupe conjoint discutera des questions juridiques et techniques pour réduire les dissensions entre la Commission et Moscou sur le projet de gazoduc italo-russe.
Le commissaire Günther Oettinger et le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, ont convenu le 17 janvier, lors de la réunion du Conseil de partenariat permanent, de constituer un groupe de travail conjoint pour discuter des questions juridiques et techniques liées au projet de gazoduc South Stream. Le calendrier des réunions du groupe de travail n'est toutefois pas encore fixé. Interrogé par la presse, lundi 20 janvier, M. Oettinger a qualifié de « pas en avant » cette initiative décidée à la veille du sommet bilatéral UE/Russie, le 28 janvier à Bruxelles. Européens et Russes vont ainsi tenter de réduire leurs divergences sur un dossier brûlant.
En décembre 2013, la Commission avait demandé aux pays membres de l'UE prenant part au projet - Autriche, Bulgarie, Croatie, Hongrie, Grèce, Slovénie - ainsi qu'à la Serbie, de renégocier leurs accords conclus avec la Russie pour la construction du gazoduc, jugeant ces accords non conformes à la législation de l'UE, tant sur des questions environnementales que sur le droit de la concurrence, en particulier à l'égard des principes fondamentaux du marché intérieur de l'énergie. L'exécutif européen reproche en effet au gazier russe Gazprom, qui pilote le projet de gazoduc aux côtés de l'énergéticien italien ENI, de ne pas respecter le principe du dégroupage des activités de fourniture et de transport de l'énergie (unbdundling).
Moscou avait répondu par la négative, assurant que les accords intergouvernementaux ne seraient pas renégociés, compte tenu de leur validité au regard du droit international. Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, avait opposé une fin de non recevoir aux exigences européennes, jugeant à la mi-décembre que les accords intergouvernementaux prévalaient sur la législation de l'UE. Le chef de la diplomatie russe, Sergei Lavrov, a toutefois confirmé, mardi 21 janvier, la volonté russe de calmer le jeu sur ce dossier. « Nous comprenons qu'il faille chercher une solution qui ne soit pas contraire aux accords intergouvernementaux », a-t-il déclaré, dans des proposes relayés par l'agence russe Itar-Tass.
South Stream doit relier la Russie à la Bulgarie pour desservir le marché européen sur deux branches, l'une au sud traversant la Grèce pour joindre l'Italie, l'autre au nord traversant la Serbie, la Hongrie et la Slovénie pour joindre l'Autriche. Le tout en contournant l'Ukraine, principal pays de transit pour le gaz russe destiné à l'Europe. Des travaux de construction du projet ont déjà démarré en fin d'année dernière en Bulgarie et en Serbie, et d'autres commenceront prochainement en Hongrie. (EH)