Bruxelles, 21/01/2014 (Agence Europe) - Le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, n'est toujours pas parvenu à convaincre les députés nationaux malgré un discours optimiste - quoique prudent - sur l'économie de l'UE, mardi 21 janvier à la conférence interparlementaire centrée sur la gouvernance économique européenne. Il a essuyé des commentaires virulents de députés de pays sous assistance financière.
M. Rehn a salué la forte appropriation du programme d'ajustement par l'Irlande, la Lettonie (assistance balance des paiements), l'Espagne et le Portugal, clé du succès, selon lui. Il s'est dit confiant que cette appropriation pouvait s'affermir en Grèce, où la 'troïka' devrait « bientôt retourner », après la poursuite des travaux, nécessaire selon lui, sur le plan structurel et budgétaire par les autorités grecques. Répondant à un représentant du parlement grec, Dimitrios Papadimoulis, qui le tançait sur la situation actuelle du pays, il a rappelé le diagnostic de 2010: fraudes statistiques, irresponsabilité budgétaire et secteur public gigantesque. « La décision de soutenir la Grèce n'a pas été une décision facile, mais elle était responsable », a-t-il estimé. Car sans l'intervention des Européens, le pays aurait fait défaut avec des retombées néfastes sur l'eurozone.
Comme il l'a déjà fait à maintes reprises, il a mis en garde contre toute « complaisance » politique face à l'embellie économique actuelle. « Pour les citoyens européens, les temps continuent d'être difficiles », a-t-il expliqué. Répondant à Elisa Feirrera (S&D, portugaise), il a précisé que le groupe d'experts chargé de plancher sur la mutualisation de la dette devrait rendre ses conclusions d'ici à fin mars.
Le matin même, le débat avait été alimenté par les deux rapporteurs sur l'enquête sur les activités de la 'troïka' dans les pays sous programme d'ajustement économique, l'Autrichien Othmar Karas (PPE) et le Français Liêm Hoang-Ngoc (S&D), pour qui la légitimité démocratique du processus devait être renforcée. Le député irlandais Dominic Hannigan a estimé que son institution n'avait pas eu assez à dire dans le plan d'aide.
La veille, le président du PE, M. Schulz, a quant à lui dénoncé le sentiment de marginalisation de son institution, écartée selon lui du processus décisionnel dans la gestion de crise. « Nous devons nous ériger contre cette tendance », a-t-il déclaré. Le représentant du parlement grec, Vangelis Meimarakis, a estimé que la mise en oeuvre des recommandations économiques spécifiques, pourtant reprises à leur compte par les États membres, était insuffisante et que le suivi l'était également. (EL)