Bruxelles, 21/01/2014 (Agence Europe) - La Serbie a ouvert, le 21 janvier, ses négociations d'adhésion avec l'Union européenne lors de sa première conférence intergouvernementale, journée qualifiée « d'historique ». « Il s'agit d'une journée historique, qui ne peut pas rester sans suite. C'est l'événement le plus important pour la Serbie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. (…) Personne ne s'attendait à ce qu'on en arrive là (…). Maintenant les attentes sont considérables, les tâches risquent de s'avérer ardues », a reconnu le Premier ministre serbe, Ivica Dacic, ajoutant que « la conférence n'est pas un cadeau, je pense que nous l'avons méritée par notre travail, notre dévouement ». « Nous sommes prêts à relever les défis, nous n'attendons aucun traitement de faveur, mais aussi que l'on ne nous mette pas de bâtons dans les roues et que l'on ne change pas au milieu les règles du jeu », a prévenu M. Dacic, répondant à une question sur la reconnaissance du Kosovo.
Pour le ministre grec des Affaires étrangères, Evangelos Venizelos, « le lancement des négociations est un moment historique, un tournant dans les relations entre l'UE et la Serbie ». Il a expliqué avoir « toute confiance pour que Belgrade arrive à relever tous les défis et, à l'issue, rejoigne la famille européenne ». « C'est un jour historique pour la Serbie, un jour historique pour l'UE. Le pays a fait un autre pas important dans son chemin vers l'Union », a précisé le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, rappelant que le pays entre dans une « phase très exigeante, il faut travailler d'arrache-pied, rester engagé dans la normalisation des relations avec le Kosovo et poursuivre la mise en oeuvre de l'accord, poursuivre les réformes et travailler sur l'alignement sur l'acquis communautaire ». Selon lui, la « Serbie pourra relever les défis de l'adhésion et sera un exemple très riche dans les Balkans ».
La Serbie table sur une adhésion en 2020
Si aucun chapitre n'a encore été ouvert, et que le premier - possiblement le chapitre 32 sur le 'Contrôle financier' dont le screening a déjà eu lieu - pourrait l'être sous présidence grecque, le Premier ministre serbe et son vice-Premier ministre, Aleksandar Vucic, ont déjà annoncé qu'ils souhaitent que leur pays finisse les négociations d'adhésion en 2018, pour entrer dans l'UE en 2020, au début du prochain cycle budgétaire. L'ouverture des négociations est « le début d'un nouveau départ, d'une nouvelle voie. Il y a beaucoup de problèmes à résoudre, mais nous voulons parcourir le chemin rapidement. Nous visons 2018. Nous espérons qu'en 2018 les institutions européennes donneront leur feu vert et considéreront que nous sommes prêts à rejoindre l'Union en 2020 », a expliqué M. Dacic. Pour lui, « la Serbie sera le prochain membre de l'UE ».
En attendant, la Commission a présenté, le 20 janvier, le cadre de négociation et le screening du chapitre 35 'Autres' commence ce 22 janvier. M. Füle a précisé que le screening des chapitres de négociation allait se poursuivre en 2014 pour se terminer au printemps 2015. « La priorité en 2014 est la préparation de l'ouverture des chapitres 23 et 24 », sur l'appareil judiciaire, les droits fondamentaux et la justice, liberté et sécurité, a expliqué le commissaire.
La Serbie a fait sa demande d'adhésion en 2009, obtenant le statut de candidate en mars 2012. (CG)