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Bulletin Quotidien Europe N° 10945
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INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

Barroso, l'UE n'est pas la cause de la crise mais sa solution

Liège, 17/10/2013 (Agence Europe) - À quelques mois des élections européennes et face au constat de la « désillusion » des citoyens vis-à-vis de l'Europe, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a profité d'une visite officielle à Liège, en Wallonie, pour souligner que l'Europe était « une partie de la solution » aux problèmes socio-économiques actuels, et non le problème lui-même.

M. Barroso a regretté que la « déception liée à la situation économique et sociale » soit « injustement associée à l'Europe », alors que, selon lui, cette situation incombe plutôt à l'attitude des marchés financiers et de certains gouvernements qui ont laissé filer leur déficit et leur dette publics. L'Europe a été « la victime de la crise », que d'aucuns ont appelé « à tort » la crise de l'euro, alors que la crise est plutôt celle de la dette souveraine, a-t-il nuancé. Pour preuve, l'euro a toujours été une monnaie stable. Et d'expliquer que la crise avait révélé au grand jour l'interdépendance qui existait entre les États membres.

Alors que la Commission, gardienne des Traités, apparaît souvent comme l'inquisitrice des budgets nationaux (les États avaient jusqu'au 15 octobre pour lui soumettre leur copie pour 2014) et l'initiatrice de l'austérité, elle-même remise en question par les économistes, M. Barroso a défendu la stratégie de sortie de crise poursuivie par la Commission. « Nos politiques sont en train de montrer des résultats », a-t-il assuré, citant le retour des investisseurs sur le sol européen.

S'est tenue à Liège une manifestation du Comac, le mouvement des jeunes du parti PTB, en signe de protestation contre les coupes budgétaires en Europe. Dans le collimateur du Comac, le Pacte budgétaire (TSCG) instaurant une 'règle d'or' en matière de dépenses que le parlement germanophone de Belgique a approuvé lundi. Selon M. Barroso, ce pacte est une « initiative intergouvernementale » de certains pays qui ont voulu d'autres mécanismes pour « renforcer la discipline et éviter qu'on répète les mêmes erreurs ». La « croissance appuyée sur une dette excessive n'est pas soutenable », a expliqué le Portugais, ajoutant qu'un État ne pouvait pas « avoir des dépenses plus élevées que ses revenus » ad vitam eternam.

Pour la Commission, la consolidation budgétaire est « nécessaire mais pas suffisante ». C'est pourquoi « nous avons défendu un budget plus ambitieux pour l'Europe » qui limite la casse au niveau des fonds structurels. Et M. Barroso de souligner l'importance du coup de pouce apporté par ces fonds, qui cofinancent des projets dans toute l'UE, citant la recherche spatiale « en grande partie » financée par l'UE.

Enfin, appelé à s'exprimer sur le déficit démocratique dont sont accusées les institutions européennes, M. Barroso a rappelé que son institution rendait des comptes au PE, lui-même directement élu. L'ancien Premier ministre portugais s'est, par ailleurs, dit favorable à « un mécanisme plus direct d'élections en Europe ». Mais cela ne résoudra pas tous les problèmes car ce qu'il faut « c'est un espace public » européen, a-t-il estimé. (EL)

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