Bruxelles, 17/10/2013 (Agence Europe) - En 2012, l'aide publique au développement de l'UE affichait un déficit de 36 milliards d'euros à combler d'ici à 2015, date butoir fixée pour respecter l'engagement collectif de l'UE d'allouer 0,7% de son RNB à ce poste, selon le dernier rapport de CONCORD, le réseau européen des ONG de développement. Ce rapport intitulé « Aidwatch » a été publié à dessein le 17 octobre, date de la Journée internationale de l'éradication de la pauvreté.
En 2012, l'UE-27 a mobilisé 50,6 milliards d'euros (0,39% du RNB de l'UE, soit une chute de 4% par rapport à l'année précédente - le niveau le plus bas atteint depuis 2007 - et, selon les projections d'AIdWatch, on peut s'attendre à ce que le montant total de l'aide plafonne à 0,43% du RNB pour 2013-2014, bien loin encore de l'objectif de 0,7%. Pire, selon AidWatch, les 50,6 milliards sont un chiffre gonflé car la véritable aide publique au développement - celle parvenue effectivement aux pays destinataires et ne résultant pas de la comptabilisation de la dette annulée et des coûts des réfugiés dans les pays donateurs - s'élèverait à 45 milliards d'euros, soit 0,35% du RNB de l'UE.
« Certains pays comme la Belgique font de l'aide au développement le premier budget à sabrer. L'aide véritable doit atteindre ceux qui en ont le plus besoin et non pas être utilisée pour payer l'intérêt de la dette », font valoir les ONG.
Plusieurs pays ont augmenté leur aide de manière significative: la Lettonie (17%), le Luxembourg (14%), la Pologne (14%), l'Autriche (8%), la Lituanie (8%) et le Royaume-Uni (7%). Les pays ayant déjà dépassé l'objectif de 0,7% sont le Danemark (0,8%), le Luxembourg (1%), la Suède (0,99%). Le Royaume-Uni est en passe de les rejoindre à 0,7% en 2013. (AN)