Strasbourg, 18/04/2013 (Agence Europe) - Les députés européens ont appelé, le 18 avril, l'UE à ouvrir plusieurs chapitres de négociations avec la Turquie, en particulier les chapitres 23 (appareil judiciaire et droits fondamentaux) et 24 (justice, liberté, sécurité), précisant que des critères officiels permettraient d'établir une feuille de route claire et donneraient un nouvel élan au processus de réformes. Dans le rapport de Ria Oomen Ruijten (PPE, néerlandaise) qu'ils ont adopté, les députés souhaitent aussi qu'une réflexion soit engagée sur « l'importance » de l'ouverture de négociations sur le chapitre 15, relatif à l'énergie, « qui serait bénéfique à la fois à la Turquie et à l'UE », souligne Mme Oomen Ruijten. Les élus appellent aussi Ankara à des mesures susceptibles de favoriser l'ouverture du chapitre 22 sur la politique régionale.
Besoin d'un engagement réciproque et de réformes. Le Parlement souligne qu'avec un engagement réciproque et dans le cadre d'objectifs clairs, la Turquie et l'UE pourraient faire progresser leur dialogue, parvenir à une compréhension mutuelle et amener des changements positifs, estimant la nécessité de renouveler cet engagement. Ils souhaitent entre autres une plus grande coordination en matière de politique étrangère. Les élus réitèrent leur ferme soutien à la réunification de Chypre.
Les députés apprécient les « étapes positives » en termes de réformes judiciaires, avec l'adoption du 4ème paquet, a souligné le rapporteur. Les élus encouragent aussi la commission de consultation constitutionnelle à poursuivre ses travaux et à examiner les questions concernant la séparation et l'équilibre des pouvoirs, les relations entre l'État, la société et la religion, un système de gouvernance inclusif garantissant les droits fondamentaux de tous et un concept inclusif de la citoyenneté. Ankara doit adopter le plan d'action pour les droits de l'Homme, soulignent les élus, insistant également sur la « nécessité urgente » d'une législation globale contre toutes les discriminations. Ils mettent aussi l'accent sur la liberté d'expression et le pluralisme des médias.
Les députés demandent à la Turquie de travailler en faveur d'une solution politique avec les Kurdes, saluent le processus de paix en cours et s'inquiètent du nombre de procès contre les écrivains et les journalistes abordant la question kurde et de l'arrestation de personnalités en lien avec ledit procès du KCK. Ils soulignent aussi les efforts de la Grèce et de la Turquie pour améliorer leurs relations.
Rappelant le rôle stratégique de la Turquie, le Parlement demande, entre autres, à la Commission et aux États membres de la soutenir dans ses efforts pour gérer la dimension humanitaire de la crise syrienne.
Mme Oomen-Ruijten a salué ce « vote important » et « parfait ». (CG)