Strasbourg, 18/04/2013 (Agence Europe) - « Très, inquiet, très préoccupé » par la baisse de la confiance des citoyens dans les institutions nationales et européennes, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a appelé le 17 avril à un vrai débat sur l'Europe lors des élections européennes de mai 2014. « Il ne faut pas se tromper. Pour regagner la confiance, on a besoin d'un débat assez profond et large en Europe, sur l'Europe, sur les différentes propositions que les mouvements en Europe ont pour le futur de l'Union », a-t-il expliqué. Il a précisé que c'est nécessaire « pour éviter que ce soit un débat purement entre ceux qui disent mettons fin à l'intégration européenne d'un coté, et ceux qui admirent et propagent l'approfondissement de l'intégration européenne ». Il faut un débat sur « quelle Europe nous voulons, pas un débat sur l'Europe oui ou non », car « l'Europe est là (…) et va continuer d'influencer la vie de tous les peuples en Europe ».
Le président du Parlement souhaite une véritable campagne européenne « supranationale » et non nationale et personnalisée. Il a rappelé l'article 17.7 du traité qui prévoit l'élection du président de la Commission européenne par le Parlement européen. « Cela oblige les mouvements en Europe, les partis politiques européens à présenter des candidats pour la succession » du président actuel, José Manuel Barroso, a-t-il expliqué. « Tous nos concitoyens connaissent, du vote local au vote national, la compétition des personnalités avec leur programme pour un poste exécutif. En France personne ne fait un appel 'voter pour l'Assemblée nationale', un appel pour une institution », a-t-il ajouté. Selon lui, une seule élection déroge à la règle: les élections européennes où on dit « si vous avez un peu de temps… peut-être pourriez-vous aller voter ».
M. Schulz compte aussi sur l'effet de surprise, avec un soutien par des partis nationaux de candidats d'une autre nationalité. Pour lui, les Européens se demanderont: « Que se passe t-il ? Pourquoi les partis nationaux soutiennent un candidat d'un autre pays ? Cela ne va pas augmenter la participation à 80% mais l'effet de surprise sera énorme », a-t-il expliqué. Il a précisé que cela va permettre d'avoir « partout en Europe les mêmes débats sur les mêmes sujets ». Selon le président du Parlement européen, « cela peut changer l'Europe ». (CG)