Bruxelles, 18/04/2013 (Agence Europe) - Le Bundestag a donné son feu vert, jeudi 18 avril à une large majorité, à l'octroi d'une aide financière à Chypre à travers le Mécanisme européen de stabilité.
En marge du vote, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble a expliqué que la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) « considère le destin de Chypre pertinent pour la zone euro ». Certains députés allemands s'étaient auparavant interrogés sur le risque systémique que pouvait poser une économie ne pesant que 0,2% de la richesse de l'Eurozone, et donc sur la pertinence de lui fournir une aide financière.
L'attentisme de Berlin avait poussé plusieurs décideurs européens, comme le président de la BCE, Mario Draghi, ou le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, à mettre en garde contre une sous-estimation des problèmes de l'île. Mercredi, M. Schäuble avait évoqué le risque de contagion vers des pays comme l'Italie et l'Espagne et reconnu que Chypre se trouvait dans une situation « dramatique ».
Jeudi, 486 députés sur 601 ont voté en faveur (102 ont voté contre et 13 se sont abstenus) de l'octroi d'une aide qui comprend un prêt de 9 milliards d'euros à la charge des Européens, dont un peu moins d'un tiers à la charge de l'Allemagne. Notre pays a « pris ses responsabilités pour l'euro et la zone euro », s'est félicité M. Schäuble à l'issue du vote. « Pour une nation exportatrice comme l'Allemagne, la monnaie unique est une base indispensable à la croissance, à l'emploi et à la prospérité », a-t-il ajouté. Dans la foulée, le Bundestag a donné son feu vert à l'allongement des maturités des prêts à l'Irlande et au Portugal (EUROPE n° 10827).
Dans plusieurs États membres comme aux Pays-Bas, le parlement national doit approuver le plan d'aide à Chypre, en principe dans le courant du mois d'avril afin qu'un premier versement du MES soit possible au début du mois de mai. En Finlande, le vote aura lieu vendredi.
Le Parlement chypriote doit également avaliser l'accord passé avec la 'troïka'. Le vote s'annonce serré, les partis d'opposition hostiles au plan de sauvetage représentant un peu moins de la moitié des sièges (27 sur 56). Le vote devrait avoir lieu avant le 26 avril, date prévue pour la signature du protocole d'accord avec la Commission européenne. (EL)