Bruxelles, 18/04/2013 (Agence Europe) - Le Portugal a présenté jeudi ses pistes pour compenser les mesures d'austérité qu'avait annulées le 5 avril la Cour constitutionnelle et a annoncé, sans les détailler, des coupes d'environ 800 millions d'euros, soit 0,5% du PIB, a indiqué le secrétaire d'État au Budget, Luis Morais Sarmento, coupes auxquelles s'ajouteront d'autres mesures censées compenser le manque à gagner créé par cet arrêt et évalué entre 900 millions et 1,3 milliard d'euros. Ces mesures ont été préparées en consultation avec les créanciers internationaux du pays (la troïka Commission/BCE/FMI) qui ont effectué une visite sur place entre le 15 et 18 avril. De leur approbation dépend la conclusion de la dernière évaluation du pays ainsi que le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 2 milliards d'euros (sur les 78 milliards octroyés au pays en mai 2011). L'accord définitif de l'Eurogroupe pour un allongement de sept ans des délais de remboursement des prêts accordés au Portugal, validé sur le principe le 12 avril, en dépend aussi.
Ces nouvelles coupes annoncées jeudi devraient en tout cas surtout concerner la fonction publique. « Le Conseil des ministres a décidé de fixer des limites budgétaires par ministère », a déclaré le secrétaire d'État, les mesures devant affecter « les dépenses en personnel, biens et services, ainsi que des dépenses courantes ». Elles devraient toutefois être détaillées et précisées lors du prochain budget rectificatif présenté en mai au parlement, a pour sa part précisé le ministre adjoint au Premier ministre, Miguel Poiares Maduro.
À Bruxelles, un des porte-parole de la Commission, Olivier Bailly, a indiqué que la troïka n'avait pas encore validé ces mesures et les analyserait de manière approfondie dans les jours à venir. La Commission a aussi rappelé l'importance de maintenir le consensus politique au Portugal autour de ces réformes. Mercredi 15 avril, le leader du Parti socialiste portugais, Antonio José Seguro, avait rejeté les appels des créanciers du pays et du gouvernement de centre droit à soutenir la politique d'austérité. « Le PS veut honorer les engagements internationaux du pays (...) mais il diverge sur la manière » de le faire, a affirmé M. Seguro. Début avril, le PS avait aussi présenté une motion de censure contre le gouvernement qui avait échoué faute de majorité. (SP)