Dublin, 18/04/2013 (Agence Europe) - La Présidence irlandaise se donne deux mois pour amender le projet de mandat de la Commission, en vue de négocier dès juillet un accord avec les États-Unis.
Richard Bruton s'est dit confiant, à l'issue de la réunion informelle des ministres européens du Commerce, jeudi 18 avril à Dublin, que le commissaire Karel De Gucht sera doté à la mi-juin par le Conseil d'un mandat de négociation « équilibré ». Un « large consensus » entre les Vingt-sept a émergé des débats auxquels avait été exceptionnellement convié un représentant du gouvernement américain, le vice-conseiller pour la sécurité nationale en matière économique du président Obama, Mike Froman, a assuré devant la presse le ministre irlandais des Entreprises. Bien entendu, « la décision finale sera prise à l'unanimité », lors d'une réunion formelle des ministres du Commerce, le 14 juin. Et le projet de mandat « sera amélioré » en aval par les experts des États membres au sein du comité du Conseil consacré aux négociations commerciales. « Nous devons ne pas être naïfs », a insisté M. Bruton, interrogé par EUROPE au sujet des réticences exprimées par la France. « Nous chercherons à ficeler un mandat équilibré sur une large base », a t-il ajouté. Autrement dit, Dublin promet de prendre en compte les préoccupations des capitales les plus anxieuses, comme Paris.
À Strasbourg la veille, puis à Dublin jeudi, la ministre française Nicole Bricq a exprimé le souhait de « ne pas précipiter » les négociations avec les États-Unis, l'exception culturelle restant notamment à ses yeux une condition indispensable. La France est mobilisée pour que l'ouverture du secteur audiovisuel soit exclue du mandat, a-t-elle rappelé. Mme Bricq s'est aussi dite préoccupée par le déséquilibre entre des moyens de négociation de la Commission limités vis-à-vis de ceux de l'administration américaine. Un déséquilibre qui pourrait, à ses yeux, défavoriser l'Europe dans les discussions sur les aspects normatifs.
Si mandat lui est donné en juin, le commissaire De Gucht « pense qu'il devrait être possible de conclure avec les États-Unis avant la fin du mandat de la Commission, fin 2014, période qui correspond aussi aux élections de mi-mandat aux États-Unis ». Mais, prévient-il, un accord rapide ne se fera pas au détriment de son contenu. « Nous n'allons pas réduire le niveau d'ambition d'un accord », jure-t-il. (EH)