Strasbourg, 18/04/2013 (Agence Europe) - Les nouvelles discussions dans le cadre du dialogue entre la Serbie et le Kosovo, organisées le 17 avril à Bruxelles avec les Premiers ministres serbe, Ivica Dacic, et kosovar, Hashim Thaçi, n'ont pas permis d'arriver à un accord, a annoncé la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, à la fin des discussions, peu après minuit le 18 avril. Le dialogue pourrait reprendre ce vendredi 19 avril. Soulignant que la journée a été « très longue et intense », elle a précisé qu' « un accord n'a pu être atteint ». « Nous avons cherché à réunir toutes les différentes idées qui ont fait l'objet de discussions au cours de ces derniers mois, les avons distillées et demandé aux délégations d'examiner ces propositions », a expliqué Catherine Ashton après 14h de réunions bilatérales puis une rencontre trilatérale dans la soirée, soit plus de 14h de négociations. Mais elle s'est montrée optimiste: « J'ai dit la dernière fois (le 2 avril après la dernière rencontre) qu'un accord était proche, que les divergences étaient étroites, mais profondes (EUROPE n° 10819). Je peux dire avec une réelle confiance (ce mercredi) que les différences sont très étroites et peu profondes. »
Soulignant que, comme le 4 mars et le 2 avril, Pristina a accepté le 17 avril « dans son intégralité » l'accord en 15 points « proposé par Mme Ashton », le ministre des Affaires étrangères kosovar, Enver Hoxhaj, a précisé qu'« après une réunion marathon aujourd'hui, semblable à celle du 2 avril, la Serbie a une fois de plus dit non à l'accord », pour la troisième fois. Selon M. Dacic, « Belgrade était prête à accepter un accord sur les compétences de la communauté des municipalités serbes, mais Thaçi l'a miné en établissant un lien avec le problème de l'adhésion (du Kosovo) à des organisations internationales, dont l'Organisation des Nations unies, ce que notre délégation ne pouvait accepter ».
Ashton appelle à un dernier effort. Rappelant que le Conseil Affaires générales du lundi 22 avril se penchera sur la question de la Serbie et du Kosovo où elle présentera son rapport, Mme Ashton a souligné qu'il reste encore « quelques heures », espérant que dans cette période « les deux délégations se demandent si elles peuvent prendre les dernières mesures nécessaires pour terminer cet accord ». « Nous espérons que la Serbie va réfléchir dans un esprit européen au cours de ces quelques jours pour accepter l'accord. La normalisation de nos relations inter-étatiques est dans l'intérêt des deux pays et de notre avenir européen », a souligné M. Hoxhaj, ajoutant que Pristina est « toujours engagé et plein d'espoir que nous pouvons parvenir à un accord ». Pour son Premier ministre, si la Serbie a refusé l'accord, elle « pourrait changer d'avis dans les prochains jours ». De son côté, M. Dacic a souligné que Belgrade est « prête à poursuivre les négociations jusqu'à ce que tous les problèmes aient été résolus ».
Le point de discorde porte sur le degré d'autonomie dont pourrait bénéficier l'association des municipalités serbes au Nord Kosovo. Belgrade veut qu'elle ait des pouvoirs exécutifs sur les activités régaliennes telles que la sécurité, la police et la justice, ce que refuse Pristina. De son côté, l'UE ne veut pas un remake de la Republika Srpska, soulignant qu'elle ne fonctionne pas. (CG)