Strasbourg, 18/04/2013 (Agence Europe) - Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a mis en garde, le 18 avril, contre le risque « très grand » d'explosion de la Syrie « à supposer que cela n'ait pas commencé ». « Si la situation actuelle continue, à la fin la Syrie risque d'exploser et ce serait une catastrophe pour la Syrie et la région », a-t-il souligné devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.
Pour lui, si cette explosion se produit, il y a « à craindre que ce soient les éléments les plus extrémistes de part et d'autre qui l'emportent (…) alors qu'aujourd'hui les éléments extrémistes ne sont pas du tout les plus majoritaires ». « Si le conflit devait durer dans les conditions actuelles, on peut craindre que les forces qui relèvent d'Al Qaïda contrebalancent les extrémistes de l'autre côté », a-t-il expliqué. Si c'est le cas, « il y a un risque que l'ensemble de la région soit menacé et disloqué », avec des conséquences sur le Liban, la Jordanie, l'Irak, la Turquie ou encore sur le conflit israélo-palestinien, a ajouté M. Fabius, précisant que cette perspective est « effrayante ».
Prudence sur l'embargo. Comme depuis plusieurs semaines, le ministre s'est montré plus modéré sur la levée de l'embargo, soulignant qu'il y a des arguments et des contre-arguments. L'embargo est « une question très compliquée », a-t-il estimé. La décision dépendra de « réponses précises » à certaines questions, comme le détournement des armes ou encore s'il y a des zones qui sont « vraiment sécurisées », a-t-il précisé, ajoutant que « c'est un choix entre des solutions qui présentent, chacune, de très, très, très lourds inconvénients ». Il a indiqué que cette question serait discutée lors de la nouvelle réunion des Amis de la Syrie, le 20 avril à Istanbul.
Le ministre français a rappelé ses inquiétudes quant à l'utilisation d'armes chimiques, que ce soit par le régime ou par « un groupe en face ». « Dans tous les cas c'est un danger absolu », a-t-il estimé.
La Syrie est au programme du Conseil Affaires étrangères du lundi 22 avril (voir autre nouvelle). (CG)