Bruxelles, 15/03/2011 (Agence Europe) - À la lueur de la crise nucléaire au Japon, où se succèdent les accidents à la centrale de Fukushima 1, endommagée par le séisme et le tsunami qui ont frappé le pays vendredi, les représentants des États membres de l'UE (les ministres de l'Énergie pour la plupart), des autorités nationales de sûreté nucléaire et de l'industrie, réunis à Bruxelles à la demande du commissaire à l'Énergie Günther Oettinger pour évaluer la situation nippone ainsi que l'état de préparation de l'UE à des incidents similaires, ont marqué leur accord de principe mardi à l'idée de soumettre les installations nucléaires de l'UE à des tests de résistance (stress tests) à toutes sortes de risques: tremblements de terre, raz-de-marée (tsunamis), inondations, attaques terroristes et pannes géantes d'électricité (black-out). Le consensus dégagé le 15 mars a été le plus large possible puisque, selon le commissaire Oettinger, « personne ne s'est prononcé contre ces tests de résistance de la sûreté des centrales » qui devront être réalisés dans le courant de l'année par des experts indépendants. À la lumière des données sur la catastrophe nippone, la Commission européenne élaborera des propositions sur le contenu des tests, qui reposeront sur des critères et normes communs. L'âge et le type de construction des installations seront également pris en compte. Ces travaux préparatoires auront lieu d'ici à fin juin, avec l'appui d'autres réunions de coordination entre représentants des États membres, des autorités de sûreté nucléaire et de l'industrie. La participation aux tests se fera toutefois sur une base volontaire, a précisé M. Oettinger, qui veut donner aux pays partenaires (Suisse, Turquie, Russie) la possibilité d'y participer. Le commissaire à l'Énergie, qui réclame la tenue d'une réunion de l'AIEA la semaine prochaine à Vienne, où il présentera la proposition européenne des tests de résistance, a aussi dit compter sur le chef de l'État français Nicolas Sarkozy pour transmettre le message dans les enceintes du G8 et du G20.
Se félicitant d'une « volonté très stricte » de la part des États membres de s'orienter vers des normes communes en matière nucléaire, M. Oettinger a par ailleurs fait part de son souhait de présenter un premier rapport de transposition et de mise en oeuvre de la directive 2009/71/Euratom sur la sûreté nucléaire « bien avant » le délai de publication prévu en 2014. Le débat sur la sûreté nucléaire en Europe doit se poursuivre dans les prochains jours, aussi bien dans l'enceinte des commissions de l'énergie et de l'environnement au Parlement européen, que dans celles d'un Conseil Énergie et d'un Conseil général Euratom extraordinaires et du Conseil européen. Plus tôt dans la journée, M. Oettinger avait appelé à « étudier la question de savoir si [l'UE peut] couvrir [ses] besoins énergétiques sans l'énergie nucléaire dans un futur prévisible ». L'UE compte 143 centrales, dont 58 en France, 19 au Royaume-Uni, 17 en Allemagne et 10 en Suède. En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a annoncé mardi la fermeture immédiate et pour trois mois de tous les réacteurs mis en service en Allemagne avant la fin 1980. La Suisse a de son côté annoncé la suspension de ses projets de renouvellement de centrales nucléaires. (E.H.)