login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10337
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/libye

Nouvelles mesures à l'ONU possibles, mais pas de no-fly zone

Bruxelles, 15/03/2011 (Agence Europe) - Les pays du G8 ont demandé de nouvelles mesures à l'ONU pour « accroître les pressions » sur Mouammar Kadhafi mais l'option d'une zone d'exclusion aérienne (no-fly zone) semble définitivement écartée, faute de consensus au sein de la communauté internationale sur une telle intervention militaire risquée au moment où les troupes de Kadhafi semblent prendre le dessus sur les rebelles qui se retranchent de plus en plus à Benghazi. L'UE, pour sa part, est toujours divisée sur cette question. La France et le Royaume-Uni sont favorables à la no-fly zone et à des frappes ciblées (Londres, contrairement à Paris, pourrait même envisager une action sans le feu vert du Conseil de sécurité) mais les autres pays membres, Allemagne en tête, y restent fermement opposés, craignant d'être entraînés dans une guerre. Blocage aussi au Conseil de sécurité de l'ONU où la Chine et la Russie ont confirmé lundi soir 14 mars leur opposition et les États-Unis leurs fortes réticences. Or, un mandat de l'ONU est jugé indispensable pour donner une base légale appropriée à une intervention en Libye. Pas de consensus non plus sur la no-fly zone au G8 dont les ministres des Affaires étrangères étaient réunis mardi 15 mars à Paris. Les huit pays les plus industrialisés se limitent à « demander au Conseil de sécurité d'accroître ses pressions sur le colonel Kadhafi », comme l'a expliqué le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, à l'issue de la réunion. Le G8 souhaite que le Conseil de sécurité adopte « dans les plus brefs délais », c'est-à-dire avant la fin de la semaine, une nouvelle résolution contenant des mesures non-militaires permettant d'aider l'opposition libyenne à Benghazi, a-t-il dit. M. Juppé n'a pas voulu préjuger de ce que va décider le Conseil de sécurité. « Il y a une batterie de mesures qui sont envisageables, des sanctions renforcées, la détermination de zones humanitaires, on a parlé d'un embargo maritime, toutes ces options vont être étudiées », a-t-il dit. Le G8 demande aussi à Kadhafi de respecter les « légitimes revendications du peuple libyen » concernant ses droits fondamentaux, la liberté d'expression et une forme représentative de gouvernement et l'a mis en garde contre les « dramatiques conséquences » si tel n'était pas le cas. Le ministre italien Franco Frattini a plaidé pour un cessez-le-feu et l'instauration d'une zone humanitaire pour protéger les civils.

Mission de l'UE à Benghazi. Entre-temps, Catherine Ashton a dépêché une mission à Benghazi pour évaluer la situation sur le terrain et les moyens d'aider l'opposition. La mission, qui s'est déjà rendue en Libye le 13 mars, est composée de membres du service européen pour l'action extérieure (SEAE) et dirigée par le responsable du centre européen de gestion des crises, Agostino Miozzo. Son objectif a été de collecter des informations et d'évaluer la situation en vue de soutenir la planification de précaution qui est en cours pour répondre à la crise libyenne, expliquent des diplomates.

Kadhafi « choqué » par ses « amis européens ». Dans un entretien accordé au quotidien italien Il Giornale du 15 mars, le colonel Kadhafi, convaincu de sa victoire sur les insurgés, se dit « trahi » par ses anciens alliés européens, notamment Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy. « Je suis réellement choqué par l'attitude de mes amis européens. Ils ont mis en péril et porté atteinte à toute une série de grands accords sur la sécurité, dans leur intérêt, et à la coopération économique que nous avions », déclare Kadhafi. Le président français Sarkozy, qui a reconnu le Conseil national transitoire (CNT), « a un problème de désordre mental. Il a dit des choses qui ne peuvent sortir que du cerveau d'un fou », dit-il. Interrogé sur ses relations avec Berlusconi, auparavant son allié le plus proche en Europe, Mouammar Kadhafi répond: « Je me sens trahi même par lui, je ne sais pas quoi dire à Berlusconi ». Il annonce aussi un « réexamen » des relations économiques, financières et sécuritaires avec l'Occident, une fois que le pays sera à nouveau stabilisé. (H.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE