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Bulletin Quotidien Europe N° 9794
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/Élections europÉennes

Le Parti socialiste européen a adopté son « manifeste » avec lequel il pense pouvoir gagner les élections européennes

Madrid, 01/12/2008 (Agence Europe) - Le Parti socialiste européen (PSE), réuni les 1-2 décembre à Madrid, a adopté lundi 1er décembre à l'unanimité son « manifeste » en vue des élections européennes de juin 2009. Sur fond de crise financière et de récession économique, les socialistes et sociaux-démocrates européens mettent en avant « l'échec » du libéralisme économique sans régulation et pointent du doigt la responsabilité de la droite et des conservateurs dans la déroute des marchés financiers et de l'économie mondiale. Intitulé « Les citoyens d'abord. Une nouvelle direction pour l'Europe », le manifeste du PSE appelle à un changement fondamental de la gouvernance politique en Europe et propose un « nouveau modèle » fondé sur les valeurs et principes de la gauche. L'objectif est de créer une Europe sociale, solidaire, équitable et écologique « qui place le citoyen au centre des préoccupations ».

Les dirigeants et présidents de partis réunis à Madrid autour du président du PSE, le Danois Poul Nyrup Rasmussen, se sont dits optimistes que les socialistes et sociaux-démocrates seront les grands gagnants des élections européennes. Martin Schulz, le chef du groupe socialiste au Parlement européen, a même donné à ses camarades la « garantie » que son groupe deviendra « le plus fort au PE avec, disons, 280 membres » au lieu des 218 actuels. Dans les discours qui ont précédé l'adoption du manifeste, beaucoup ont fait allusion au mouvement de « change » déclenché aux États-Unis par Barack Obama et nombreux ont été ceux qui ont terminé leur intervention par un « yes we can ».

Le scrutin européen mettra les citoyens européens devant un « choix politique fondamental », lit-on dans le document disponible sur Internet (http://www.pes.org ). Le choix entre, d'un côté, une « Europe progressive » - celle que défend le PSE - prête à agir pour s'attaquer aux « défis sans précédents » auxquels l'Europe doit faire face (crise financière et récession économique, chute du pouvoir d'achat, hausse des prix énergétiques et alimentaires, réchauffement climatique, etc.) et, de l'autre côté, une « Europe conservatrice » qui confie la gestion de ces problèmes aux seules « forces du marché ». Sur ce terrain très idéologique, les socialistes ont opté pour une approche offensive, cherchant la confrontation directe avec les libéraux et le centre-droit auxquels ils reprochent d'avoir eu une « confiance aveugle dans les marchés ». « Depuis cinq ans, les conservateurs ont eu une majorité en Europe - dans la plupart des États membres et dans les institutions de l'UE. Qu'en ont-ils fait ? Est-ce qu'ils se sont attaqués à la crise financière ? Est-ce qu'ils se sont occupés de la hausse des prix alimentaires et énergétiques ? Ont-ils lutté contre la pauvreté et les inégalités ? Notre société est-elle plus juste qu'il y a cinq ans ? Ont-ils soutenu nos initiatives pour plus et de meilleurs emplois ? Ils suivent les marchés. Nous, nous suivons nos convictions », lance le PSE dans son manifeste.

Le document présente plus de 60 propositions concrètes regroupées sous six chapitres:

1) Relancer l'économie et empêcher de nouvelles crises financières. Il est, par exemple, proposé de mettre en place une « stratégie européenne pour une croissance verte et intelligente » avec le but de créer 10 millions de nouveaux emplois d'ici à 2020. Le PSE réclame aussi une nouvelle réglementation pour les marchés financiers couvrant tous les acteurs financiers, y compris les fonds spéculatifs et de capital d'investissement.

2) Améliorer la vie des citoyens dans une nouvelle Europe sociale. Le PSE suggère en particulier de conclure un « Pacte européen pour le progrès social » qui fixerait des objectifs et des normes à remplir par tous les États membres en termes de politique sociale, de santé et d'éducation. Il est aussi proposé d'inclure une « clause de progrès social » dans toute nouvelle législation européenne et de soumettre toute nouvelle proposition législative à une étude d'impact écologique et social.

3) Faire de l'Europe le leader mondial de la lutte contre le changement climatique. Il est notamment demandé que l'UE prenne la tête des négociations en vue d'aboutir à un accord international (lors de la conférence de Copenhague en décembre 2009) sur la réduction des gaz à effet de serre de 30% d'ici 2020.

4) Promouvoir l'égalité entre les sexes en Europe.

5) Élaborer une politique efficace de l'immigration pour l'Europe. Le PSE propose notamment de fixer des normes communes pour gérer la migration légale vers l'UE et d'établir une « Charte européenne pour l'intégration des migrants ». La lutte contre l'immigration illégale devrait être renforcée, notamment à travers une politique commune en matière de contrôle des frontières extérieures et une coopération accrue avec les pays tiers.

6) Renforcer le rôle de l'Europe comme partenaire pour la paix, la sécurité et le développement. L'UE devrait davantage focaliser ses efforts sur la prévention et la résolution des conflits, accroître la coopération en matière de défense et renforcer ses capacités d'intervention en cas de catastrophes naturelles. Le PSE demande aussi un effort accru en matière de développement afin d'atteindre les objectif du millénaire de l'ONU d'ici à 2015. Au moins 0,7% du RNB (revenu national brut) de l'UE devrait être alloué à la politique de développement.

Pour le président du PS belge, Elio di Rupo, le manifeste du PSE est une « bonne réponse à la crise libérale » qui permettra de « sortir les citoyens de l'impasse dans laquelle les libéraux et la droite les ont mis ». « Avec ce nouveau manifeste, nous allons gagner les élections et changer le rapport de force en Europe », a dit le président des socialistes luxembourgeois, Alex Bodry. « Le manifeste propose un nouveau modèle économique, social et écologique pour l'Europe et suggère des propositions immédiates et concrètes », a salué la nouvelle secrétaire générale du PS français, Martine Aubry, qui appelle les socialistes à se rejoindre autour d'un « projet commun pour l'Europe ». (H.B.)

 

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