Bruxelles, 01/12/2008 (Agence Europe) - À l'ouverture de la conférence onusienne de Doha sur le financement du développement (29 novembre, 2 décembre), qui doit examiner la mise en œuvre des promesses faites à Monterrey en 2002 de doper les flux mondiaux d'aide publique au développement des pays pauvres, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a appelé la communauté internationale à jouer à fond la carte du multilatéralisme, à redoubler de générosité et d'efficacité en ces temps de crise, plutôt qu'à privilégier l'option du repli frileux.
Soulignant que le monde est confronté à une crise multidimensionnelle sous l'effet conjugué de la crise financière, du défi climatique, des préoccupations globales quant à la sécurité de l'approvisionnement alimentaire et énergétique, de l'impasse des négociations à l'OMC, de la récession de nombreuses économies majeures, le président a déclaré: « Au fur et mesure que ces crises progressent, il est de plus en plus évident qu'aucun de nous ne peut s'en sortir seul. Cette crise globale exige des réponses globales et des alliances globales basées sur des responsabilités communes ».
Doha représente donc, à ses yeux, « une opportunité historique d'assurer un suivi concret de la réunion du G20 à Washington, de mettre sur la table des propositions concrètes garantissant que la gouvernance financière et économique globale en train d'être redéfinie sera inclusive (…). Ces crises multiples ne sont pas une raison pour affaiblir notre partenariat global pour le développement et nos engagements d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (…) Il est plus important que jamais que les donateurs honorent leurs promesses tant pour le volume que l'efficacité de leur aide ». C'est avec satisfaction que M. Barroso a pu annoncer l'engagement reconfirmé de l'UE à porter le volume de son aide à 0,56% du RNB (revenu national brut) en 2010 pour atteindre 0,7% en 2015, et faire état de l'accord récemment intervenu sur la création de la facilité alimentaire d'1 milliard d'euros en faveur de l'agriculture des pays en développement. Pour prendre leur part dans l'effort collectif, les pays en développement, quant à eux, doivent « respecter leurs engagements en matières de gouvernance et de mesures nationales garantes d'une croissance inclusive », a souligné M. Barroso. (A.N.)